Lundi soir, le responsable de l’éducation nationale a organisé une rencontre avec la famille de Lindsay, une jeune adolescente de seulement 13 ans qui s’est suicidée au début du mois de mai, après avoir été malheureusement la cible de brimades et de persécution aussi bien dans son établissement scolaire que sur internet, où elle a subi du cyberharcèlement.
« Nous mettre en place des ressources supplémentaires » pour lutter contre la violence scolaire, a déclaré mardi sur Franceinfo, le ministre de l’Éducation nationale Pap Ndiaye, après avoir rencontré les parents de Lindsay, une jeune fille de 13 ans qui s’est suicidée le 12 mai à Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais) après avoir été harcelée à l’école et via internet.
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Le ministre déclare que le gouvernement est « actif » sur cette question, mais il reconnaît qu’il est encore nécessaire d’intensifier les efforts : « Il y a encore du chemin à parcourir, car il y a des tragédies au sein de l’Éducation nationale qui sont inacceptables et insupportables ».
« Il y a clairement eu des dysfonctionnements »
Suite à ce drame, Pap Ndiaye admet un « échec collectif ». Il évoque notamment le dispositif de prévention du harcèlement scolaire pHARe, qui était mis en place au collège de Lindsay. Ce dispositif « est efficace » et « permet de détecter des situations, mais il ne fonctionne pas comme il devrait dans tous les établissements », reconnaît-il. Le ministre ajout que l’une des principales « mesures » [envers la jeune victime] « a été définitivement exclue du collège le 27 février, mais il est clair qu’il y a eu des dysfonctionnements et l’enquête administrative devra faire la lumière sur cette question ».
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Pour éviter de tels drames à l’avenir, le ministère de l’Éducation nationale prendra des mesures, assure le ministre. Il annonce entre autres qu’un « référent harcèlement sera prochainement désigné dans chaque établissement. Cette personne dépendra du chef d’établissement et sera rémunérée en plus de son salaire », précise Pap Ndiaye.
Le ministre examine également la possibilité d’intégrer « les questions de harcèlement dans le cadre des nouvelles missions » du « pacte » proposé aux enseignants volontaires dès la rentrée scolaire. « Nous engageons également des fonds supplémentaires pour les numéros gratuits 3020 et 3018 qui traitent du cyberharcèlement et du harcèlement scolaire », ajoute-t-il. Pap Ndiaye demande également « aux chefs d’établissement de prendre systématiquement contact avec le procureur de la République et les autorités judiciaires en cas de harcèlement avéré ».
« Il faut une mobilisation de chacun, y compris des parents »
Le ministre de l’Éducation nationale rappelle que les élèves harceleurs en école primaire pourront être transférés dans un autre établissement pour les séparer de leur victime. Pap Ndiaye indique avoir « signé un décret » actuellement examiné par le Conseil d’État pour « permettre à l’élève harceleur de changer d’établissement, même si ses parents sont contre ».
Cependant, Pap Ndiaye soutient que « la question du harcèlement ne concerne pas seulement l’Éducation nationale et ses personnels ». L’ensemble de la société doit prendre conscience de ce phénomène et agir en conséquence. « Si nous voulons réduire de manière significative le harcèlement scolaire, et c’est une nécessité, chacun doit s’impliquer, y compris les parents », insiste le ministre. Il demande en particulier aux parents « d’être vigilants et de surveiller ce que font leurs enfants sur les réseaux sociaux ». « De notre côté, nous allons sensibiliser les parents en début d’année », ajoute-t-il.
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