Le report partiel de la dernière réforme des retraites redistribue les cartes pour des millions d’assurés nés entre 1964 et 1968. Selon votre année de naissance, cette suspension peut vous faire gagner un à trois mois sur l’âge légal et/ou sur la durée de cotisation requise pour atteindre le taux plein. Voici, de manière détaillée, ce que cette décision parlementaire peut changer pour votre départ en retraite.
1. Suspension partielle : pourquoi et pour qui ?
Le 12 novembre 2025, les députés ont voté la suspension partielle de la réforme des retraites entrée en vigueur en 2023. Ce gel concerne principalement la génération des quinquagénaires et jeunes sexagénaires – autrement dit, les personnes nées entre 1964 et 1968. Pour elles, le calendrier d’allongement de la durée de travail est temporairement mis en pause. En revanche, les assurés nés à partir de 1969 restent soumis à l’ancienne trajectoire de relèvement de l’âge légal.
📈 À découvrir également :
- 1964-1968 : bénéfice d’un à deux trimestres « offerts » sur l’âge légal et/ou les trimestres requis.
- 1969 et après : maintien du départ à 64 ans avec 172 trimestres pour le taux plein.
Cette mesure touche environ 3 millions de personnes, ce qui représente près d’une cohorte sur cinq des salariés actuellement actifs dans cette tranche d’âge.
2. Nouveaux âges légaux : le calendrier détaillé
Pour visualiser immédiatement votre gain potentiel, référez-vous aux âges révisés ci-dessous :
📈 À découvrir également :
- Nés en 1964 : départ possible à 62 ans et 9 mois avec 170 trimestres (+1 trimestre gagné).
- 1ᵉʳ trimestre 1965 : départ à 62 ans et 9 mois, 170 trimestres (+2 trimestres).
- Avril-décembre 1965 : départ à 63 ans, 171 trimestres (âge réduit d’un trimestre).
- 1966 : départ à 63 ans et 3 mois, 172 trimestres (âge réduit d’un trimestre).
- 1967 : départ à 63 ans et 6 mois, 172 trimestres (âge réduit d’un trimestre).
- 1968 : départ à 63 ans et 9 mois, 172 trimestres (âge réduit d’un trimestre).
- 1969 et après : cap fixé à 64 ans et 172 trimestres (aucun gain).
Un exemple concret : une salariée née en juin 1966 devait initialement partir à 63 ans et 6 mois. Grâce à la suspension, elle pourra liquider sa pension à 63 ans et 3 mois, soit trois mois plus tôt, à condition de réunir 172 trimestres. Sur une carrière complète, cela représente l’équivalent d’un trimestre de salaire en moins à financer ou, à l’inverse, trois mois de retraite anticipée.
3. Trimestres requis : comment les calculer ?
Pour obtenir le taux plein (sans décote), il ne suffit pas d’atteindre l’âge légal ; il faut également valider un certain nombre de trimestres. La suspension accorde donc un « bonus » pouvant atteindre deux trimestres à ceux nés entre 1964 et le premier trimestre 1965.
Illustration chiffrée :
- Un assuré né en février 1965, ayant déjà validé 168 trimestres au 31 décembre 2024, n’aura plus que 2 trimestres à acquérir pour atteindre les 170 requis, contre 4 initialement prévus.
- À raison de 150 heures de Smic pour valider un trimestre, cela équivaut à environ 300 heures de travail en moins avant de pouvoir partir à taux plein.
4. Cas particuliers : carrières longues et catégories actives
Les dispositifs permettant un départ anticipé sont maintenus et même légèrement améliorés :
- Carrières longues : si vous avez commencé à travailler avant 20 ans, un trimestre supplémentaire est décompté pour abaisser votre âge de départ. Exemple : un salarié ayant cotisé 5 trimestres avant 18 ans pourra partir un trimestre plus tôt à compter du 1ᵉʳ septembre 2026.
- Catégories actives (policiers, pompiers, aides-soignants de nuit, égoutiers, conducteurs de trains, etc.) : la borne d’âge est également abaissée d’un trimestre dès 2026, sous réserve des textes d’application et de la mise à jour des systèmes informatiques des caisses.
5. Coût et calendrier : un gel jusqu’en 2027
Le gouvernement a chiffré l’impact budgétaire de cette suspension à environ 300 millions d’euros en 2026, puis 1,9 milliard d’euros en 2027. Après le 31 décembre 2027, deux scénarios se dessinent :
- La réforme initiale reprend son cours, faisant remonter l’âge légal à 64 ans pour toutes les générations.
- Une nouvelle loi est votée, éventuellement dans le sillage de la prochaine présidentielle, pour entériner ou modifier durablement ces paramètres.
En attendant, les futurs retraités concernés disposent d’une fenêtre de quelques années pour réviser leur stratégie de fin de carrière : poursuite d’activité, rachat de trimestres, cumul emploi-retraite, ou départ anticipé si les conditions sont réunies. Autant de leviers qu’il est prudent d’examiner dès aujourd’hui avec un conseiller retraite afin d’optimiser cette opportunité temporaire.
Je suis Nicolas Lepetit, rédacteur expérimenté et pilier éditorial de LaPauseInfo.fr depuis 2015. Passionné par l’impact de la technologie sur la société, j’ai développé une expertise particulière dans les domaines de l’innovation, de la politique et de l’économie numérique.
Je suis reconnu pour mon approche approfondie et analytique, me distinguant par ma capacité à déchiffrer les tendances complexes et à les rendre accessibles au grand public.
Je crois fermement au pouvoir de l’information pour éclairer et émanciper les citoyens, et je m’engage à fournir des reportages précis et impartiaux. En plus de mon rôle chez LaPauseInfo.fr, je suis également un conférencier apprécié et un contributeur régulier à diverses plateformes et revues spécialisées en nouvelles technologies et en médias.