Un ajustement technique appliqué au printemps 2025 pourrait bien transformer les perspectives de retraite de milliers de cadres salariés du privé. En révisant la manière dont sont calculés les points Agirc-Arrco pour les professionnels en forfait jour réduit, le régime complémentaire met fin à une pénalisation historique : la pension est désormais alignée sur le salaire réellement perçu.
Un nouveau calcul enfin aligné sur la réalité des salaires
Avant la réforme, la base de cotisation était plafonnée à environ 2 425 € nets par mois, même si la rémunération dépassait largement ce seuil. Résultat :
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- Un cadre travaillant 4 jours par semaine mais payé 90 % de son salaire à temps plein pouvait perdre jusqu’à 15 % de sa pension complémentaire.
- Un salarié senior ayant réduit son nombre de jours pour préparer la fin de carrière voyait ses points amputés malgré une rémunération élevée.
Depuis mars 2025, la cotisation se calcule sur la rémunération effective : si un ingénieur perçoit 4 200 € nets mensuels sur 190 jours travaillés, cette somme sert désormais d’assiette intégrale. En moyenne, cela représente un gain d’environ 10 à 20 % de points par an pour les situations les plus courantes.
Pourquoi cette évolution était indispensable ?
- Équité entre salariés : deux collaborateurs aux revenus identiques mais à temps de travail différent obtiennent désormais le même nombre de points.
- Transformation du travail : le recours au télétravail, au temps partiel choisi ou à la semaine de quatre jours rend l’ancien plafond obsolète.
- Sécurisation des parcours : la réforme limite le risque de découvertures à la retraite pour les salariés ayant modulé durablement leur temps de travail.
Selon les estimations internes du régime, près de 150 000 contrats en forfait jour réduit sont déjà répertoriés dans le secteur privé ; 60 % d’entre eux devraient bénéficier d’une hausse de droits supérieure à 5 %.
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Les salariés principalement concernés
- Cadres en fin de carrière ayant négocié une réduction d’activité pour préserver leur santé ou transmettre leurs compétences.
- Parents actifs cherchant un meilleur équilibre vie pro/vie perso tout en conservant un niveau de salaire élevé.
- Experts ou managers exerçant des missions à forte valeur ajoutée sur un nombre de jours limité.
- Professionnels en reconversion ou conjuguant deux activités (salariée et entrepreneuriale).
Dans certains grands groupes, près d’un cadre sur cinq est désormais en forfait jour inférieur à 218 jours ; sans la réforme, leur taux de remplacement à la retraite aurait pu chuter sous 50 %.
Étapes clés pour profiter de la réforme
- Vérifier son avenant : le nombre de jours travaillés doit figurer noir sur blanc dans le contrat ou un avenant dûment signé.
- Informer les RH : s’assurer que la rémunération réelle et le type de forfait sont bien transmis dans la DSN (Déclaration Sociale Nominative).
- Consulter son relevé de carrière : un simple coup d’œil permet de repérer le bond de points enregistrés depuis 2025.
- Simuler sa pension : les outils proposés par les caisses complémentaires ou les conseillers permettent d’anticiper le montant futur.
Conseil pratique : conserver tous les bulletins de salaire et courriers relatifs à la réduction du temps de travail. En cas de divergence de points, ils seront indispensables pour une régularisation rapide.
Exemples chiffrés pour mesurer le gain potentiel
- Claire, 45 ans, cadre marketing
• Avant la réforme : 3 000 € net, 80 % du temps, 2 500 € retenus pour la cotisation.
• Après la réforme : 3 000 € pris en compte.
• Gain estimé : +18 % de points annuels, soit environ 65 € supplémentaires de pension par mois à la retraite. - Yann, 58 ans, ingénieur en fin de carrière
• Salaire net : 4 500 €, 160 jours travaillés.
• Nouveau système : +22 % de points chaque année, ce qui pourrait représenter plus de 120 € mensuels de pension en plus sur 25 ans de retraite.
Ce qu’il faut retenir
- Le forfait jour réduit n’est plus pénalisant : la rémunération réelle est la base de calcul des cotisations.
- Des milliers de cadres verront leur pension complémentaire augmenter de façon sensible.
- La régularisation n’est automatique que si le contrat mentionne clairement le nombre de jours travaillés.
- Prendre le temps de vérifier ses documents et de faire des simulations peut rapporter plusieurs centaines d’euros par an à la retraite.
En adaptant sa réglementation aux nouveaux modes d’organisation du travail, l’Agirc-Arrco envoie un signal fort : la retraite complémentaire doit rester le reflet fidèle de la carrière et de l’investissement réel de chaque salarié, qu’il travaille 218, 200 ou 150 jours par an.
Je suis Nicolas Lepetit, rédacteur expérimenté et pilier éditorial de LaPauseInfo.fr depuis 2015. Passionné par l’impact de la technologie sur la société, j’ai développé une expertise particulière dans les domaines de l’innovation, de la politique et de l’économie numérique.
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Je crois fermement au pouvoir de l’information pour éclairer et émanciper les citoyens, et je m’engage à fournir des reportages précis et impartiaux. En plus de mon rôle chez LaPauseInfo.fr, je suis également un conférencier apprécié et un contributeur régulier à diverses plateformes et revues spécialisées en nouvelles technologies et en médias.