Le prélèvement CSG-CRDS regroupe deux contributions sociales prélevées sur de nombreux revenus : salaires, retraites, chômage, revenus du patrimoine et placements. Leur montant dépend du type de revenu, de l’assiette retenue et, dans certains cas, de votre revenu fiscal de référence.
Vous avez déjà survolé votre bulletin de salaire ou votre relevé de pension sans trop comprendre ces lignes “CSG déductible”, “CSG/CRDS non déductible” ? Rassurez-vous, vous n’êtes pas seul. Le sujet paraît technique, pourtant la mécanique est clairement définie : quels revenus sont mis à contribution, qui règle la note, à quels pourcentages en 2025-2026 et, surtout, comment vérifier que le calcul est juste. C’est tout l’objet de ce dossier.
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1. CSG-CRDS : définition, rôle et différence avec les autres prélèvements sociaux
À quoi servent la CSG et la CRDS ?
La CSG, pour “contribution sociale généralisée”, sert à alimenter les caisses de la protection sociale. La CRDS, elle, vise à résorber la dette de la Sécurité sociale. Autrement dit, l’une et l’autre financent ce que l’on appelle le “socle” de la solidarité nationale.
Cet effort collectif ne repose pas que sur les salariés. En pratique, ces contributions se greffent :
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- sur les revenus d’une activité professionnelle ;
- sur les sommes de remplacement comme la retraite ou les allocations chômage ;
- sur les revenus du patrimoine et de l’épargne.
Dès qu’un euro tombe dans votre poche – ou presque –, une part repart financer la protection sociale. Voilà pourquoi, même sans être salarié, on voit souvent passer ces lignes de CSG-CRDS.
CSG-CRDS versus cotisations salariales : le grand écart
On les confond souvent, pourtant leur logique n’est pas la même. Les cotisations sociales “classiques” (retraite de base, maladie, chômage, etc.) ouvrent des droits personnels ; la CSG-CRDS a, elle, une vocation plus large : contribuer au financement global du système.
Autre point à retenir : la CSG-CRDS ne se limite pas au salaire. Pensions, indemnisations chômage, dividendes, loyers, plus-values… tout ou presque y passe.
Sur votre fiche de paie, vous verrez le plus souvent une trilogie bien connue :
- CSG déductible ;
- CSG/CRDS non déductible ;
- les autres cotisations sociales.
Cet éclatement n’est pas anodin : seule la première ligne allège votre revenu imposable. Les autres restent à votre charge sans incidence sur l’impôt.
Petit panorama des prélèvements sociaux
Dans le langage courant, on dit “prélèvements sociaux”. En réalité, plusieurs contributions se superposent :
- la CSG ;
- la CRDS ;
- le prélèvement de solidarité, souvent appliqué aux revenus du patrimoine, notamment pour les non-résidents ;
- des contributions additionnelles ciblées (citons la Casa sur certaines retraites).
Résultat : lorsque vous entendez parler du sacro-saint “17,2 %” sur les placements, c’est la somme de ces prélèvements. Et, petite nouveauté annoncée pour 2026 sur certains produits financiers, le total pourrait grimper à 18,6 %. D’où l’importance de vérifier, à chaque fois, la nature exacte du revenu visé.
2. Qui est assujetti au prélèvement CSG-CRDS ?
Les revenus d’activité et assimilés
Premier cercle concerné : les revenus d’activité. Cela englobe :
- les salaires et primes ;
- les avantages en nature (voiture de fonction, logement, etc.) ;
- les bénéfices ou rémunérations d’indépendants ;
- certaines indemnités journalières ;
- plus globalement, tout revenu assimilé à une activité pro.
Le mécanisme est simple : l’employeur ou l’organisme social prélève directement la CSG-CRDS avant de verser la somme nette. Les indépendants, eux, règlent la note via l’Urssaf ou la caisse de Sécurité sociale dont ils dépendent.
Retraités, demandeurs d’emploi et autres revenus de remplacement
Pensions de retraite, allocations chômage, indemnités journalières : tous ces revenus sont, eux aussi, concernés. La subtilité, c’est que le revenu fiscal de référence (RFR) vient moduler le tarif, particulièrement pour les retraités.
En clair, deux pensions brutes identiques ? L’une peut subir 0 % de CSG, l’autre 8,3 %. La différence se joue sur le niveau de ressources du foyer.
Revenus du patrimoine et produits de placement
Les placements ne sont pas épargnés. Revenus fonciers, intérêts, dividendes, plus-values mobilières ou immobilières, contrats d’assurance-vie (hors produits exonérés comme le Livret A, le LDDS, le LEP ou le livret jeune) : la CSG-CRDS (et ses cousines) s’invitent à la fête.
Important : même si vous ne payez pas l’impôt sur le revenu, ces prélèvements sociaux restent dus. La non-imposition fiscale ne vaut pas exonération sociale.
Et les non-résidents dans tout ça ?
Les Français établis hors de l’Hexagone doivent, eux aussi, se pencher sur la question. Tout dépend de la nature de leurs revenus français, de leur régime de Sécurité sociale et, parfois, des conventions internationales. Par exemple, sur certains revenus immobiliers, un prélèvement de solidarité peut remplacer en partie la CSG-CRDS.
Avant de remplir votre déclaration, le plus sage est de consulter les notices d’impots.gouv.fr ou de solliciter un conseiller fiscal spécialisé.
3. Taux et base de calcul du prélèvement CSG-CRDS en 2025-2026
Sur la fiche de paie, comment ça se passe ?
Premier réflexe : ne multipliez pas votre salaire brut par 9,7 %. Sur la paie, la CSG-CRDS frappe une assiette réduite : 98,25 % du brut (hors certaines cotisations). La séquence, en version simplifiée, se décline ainsi :
- Salaire brut mensuel
- Abattement de 1,75 % pour obtenir l’assiette
- Application des taux (9,2 % de CSG, 0,5 % de CRDS)
- Ventilation entre part déductible et non déductible
Au bout du compte, l’impact réel sur le brut se situe légèrement en-dessous des 9,7 % affichés.
Les grands repères de taux pour 2025-2026
Retenez ces ordres de grandeur :
- Salaires et autres revenus d’activité : 9,2 % de CSG + 0,5 % de CRDS (assiette à 98,25 %).
- Indemnités journalières : souvent 6,2 % de CSG + 0,5 % de CRDS, selon la nature de l’indemnité.
- Allocations chômage : tout dépend du RFR – exonération, taux réduit ou plein.
- Pensions de retraite : 0 %, 3,8 %, 6,6 % ou 8,3 % de CSG, avec ou sans 0,5 % de CRDS.
- Revenus du patrimoine et placements : globalement 17,2 %, avec un possible 18,6 % sur certains produits financiers à partir de 2026.
Gardez toutefois en tête que le diable se cache dans les détails : chaque revenu a son propre texte de loi et ses éventuelles dérogations.
Taux plein, réduit, exonération : le rôle clé du revenu fiscal de référence
Pour les retraités ou les allocataires d’un revenu de substitution, tout se joue autour du fameux RFR. En fonction du nombre de parts fiscales et de la ligne “revenu fiscal de référence” de votre dernier avis d’imposition, vous pouvez vous voir appliquer :
- une exonération totale ;
- le taux réduit (3,8 %) ;
- le taux médian (6,6 %) ;
- le taux normal (8,3 %).
Chaque année, votre caisse de retraite recalcule le taux après réception des informations fiscales. D’où parfois de (bonnes ou mauvaises) surprises à la ligne “CSG”.
17,2 %… ou 18,6 % sur l’épargne : pourquoi deux chiffres ?
Le total de 17,2 % résulte de l’addition CSG + CRDS + prélèvement de solidarité. À partir de 2026, certains supports financiers verront leur quote-part de CSG grimper, faisant passer le total à 18,6 %. Cela ne concerne pas tous les placements ; votre banque ou votre courtier doivent indiquer le taux précis appliqué.
4. Exonérations, CSG déductible et réflexes de contrôle
Qui peut échapper (en partie ou totalement) à la CSG ?
Les textes prévoient des soupapes, essentiellement pour les revenus de remplacement. Peuvent être exonérés ou soumis à un taux réduit :
- les retraités aux revenus modestes ;
- les bénéficiaires de minima sociaux ;
- certaines personnes en situation de handicap ou d’invalidité ;
- ceux dont le prélèvement ferait basculer le revenu sous un seuil protégé.
Les plafonds évoluent chaque année ; un coup d’œil régulier aux barèmes publiés par l’administration reste indispensable.
CSG déductible : comment ça marche ?
La CSG n’est pas monolithique. Sur les salaires, par exemple, une partie (6,8 % sur 9,2 %) est déductible de votre revenu imposable, le reste – tout comme la CRDS – ne l’est pas.
Dans vos bulletins de paie, assurez-vous donc que :
- la base CSG-CRDS correspond bien à 98,25 % de votre brut ;
- les lignes “CSG déductible” et “CSG/CRDS non déductible” apparaissent distinctement ;
- les montants cumulés varient de manière cohérente au fil des mois.
Côté revenus du patrimoine, la déductibilité dépend du mode d’imposition (prélèvement forfaitaire unique ou barème progressif) ; une lecture attentive de votre avis d’imposition s’impose.
Douter d’un montant ? Faites le point
Avant de dégainer le téléphone, passez en revue :
- la catégorie du revenu touché ;
- la base sur laquelle la CSG-CRDS a été calculée ;
- le taux effectivement appliqué ;
- votre RFR pour les prestations sensibles (retraites, chômage) ;
- le nom de l’organisme préleveur.
Ensuite :
- bulletin de paie ? Direction les RH ou la compta ;
- pension ? Contactez la caisse de retraite ;
- revenus financiers ? Interrogez votre banque ou l’administration fiscale.
Un déménagement, un changement d’activité ou un retard dans la transmission des données fiscales suffit parfois à fausser le tir.
5. Cas pratiques : comment se calcule la CSG-CRDS ?
Salaire brut de 2 500 €
Imaginez un salarié rémunéré 2 500 € brut. L’assiette CSG-CRDS est amputée de 1,75 % :
2 500 € × 98,25 % = 2 456,25 €.
On applique ensuite les taux :
- CSG : 2 456,25 × 9,2 % = 225,98 €
- CRDS : 2 456,25 × 0,5 % = 12,28 €
Total prélevé : 238,26 €. On voit bien qu’il ne suffit pas de faire 2 500 × 9,7 %.
Pension de retraite à 1 800 €
Deux retraités perçoivent chacun 1 800 € brut. Le premier, au taux réduit (3,8 % de CSG, pas de CRDS), paiera 68,40 €. Le second, au taux plein (8,3 % + 0,5 %), verra s’envoler 160,20 €. Même pension brute, net différent : tout dépend du RFR.
Plus-value de 1 000 € sur un placement financier
• Barème “classique” (17,2 %) : 1 000 × 17,2 % = 172 € de prélèvements.
• Produit passant à 18,6 % en 2026 : 1 000 × 18,6 % = 186 €.
La différence paraît minime ici, mais sur un gain à cinq chiffres elle devient vite sensible.
Une mini-méthode pour vos propres calculs
1) Classez le revenu (salaire, pension, intérêts…).
2) Repérez la bonne assiette (brut, brut abattu, montant des gains…).
3) Appliquez le taux correspondant.
4) Séparez, si besoin, la part de CSG déductible.
Les simulateurs de l’Urssaf et d’impots.gouv.fr restent vos meilleurs alliés pour valider le résultat.
6. Questions fréquentes et pièges à éviter
Pourquoi ma CSG grimpe-t-elle cette année ?
Les explications possibles ne manquent pas : un RFR qui bascule au-dessus d’un seuil, un passage à la retraite, un changement de source de revenus ou encore un ajustement légal des taux. Les retraités en font souvent l’expérience, leur caisse recalant le taux chaque année selon les infos fiscales.
Je pense que mon taux est erroné : que faire ?
Réunissez votre avis d’imposition, vos bulletins ou relevés, listez les montants prélevés, puis contactez l’organisme qui a opéré la retenue. En cas d’erreur avérée, une régularisation est possible.
Erreurs récurrentes à surveiller
- mélanger impôt sur le revenu et prélèvements sociaux ;
- appliquer le taux sur 100 % du salaire brut ;
- oublier le rôle du RFR pour les pensions ;
- penser que tous les placements subissent la même ponction ;
- négliger la part de CSG déductible.
Avant de sortir la calculette, adoptez donc le réflexe : type de revenu → base → taux → déductibilité. Une méthode simple pour savoir, enfin, ce que vous payez réellement et pour réclamer, le cas échéant, la rectification qui s’impose.
Questions fréquentes sur le prélèvement CSG-CRDS
Qui doit payer la CSG-CRDS ?
La CSG-CRDS est prélevée sur les revenus d’activité, les pensions de retraite, les allocations chômage, ainsi que les revenus du patrimoine et de placement. Tous les résidents fiscaux en France y sont soumis, sauf cas d’exonération spécifique.
Qui est exonéré de la CSG en 2025 ?
Les personnes ayant un revenu fiscal de référence inférieur aux seuils définis par l’administration fiscale peuvent être exonérées de la CSG en 2025, notamment certains retraités ou bénéficiaires de minima sociaux.
Pourquoi paye-t-on des prélèvements sociaux ?
Les prélèvements sociaux, comme la CSG et la CRDS, financent la protection sociale en France, notamment les retraites, l’assurance maladie et la résorption de la dette de la Sécurité sociale.
Quels sont les taux de la CSG-CRDS en 2025 ?
En 2025, les taux de la CSG varient entre 0 % et 9,2 % selon le type de revenu et le revenu fiscal de référence. La CRDS est fixée à 0,5 % pour tous les revenus concernés.
La CSG est-elle déductible des impôts ?
Une partie de la CSG, dite « CSG déductible », peut être déduite du revenu imposable. Le pourcentage déductible dépend du type de revenu concerné, comme les salaires ou les pensions.
Quels revenus sont soumis à la CSG-CRDS ?
Les revenus soumis à la CSG-CRDS incluent les salaires, les pensions de retraite, les allocations chômage, les revenus du patrimoine (loyers, dividendes) et les produits de placement.
Je suis Nicolas Lepetit, rédacteur expérimenté et pilier éditorial de LaPauseInfo.fr depuis 2015. Passionné par l’impact de la technologie sur la société, j’ai développé une expertise particulière dans les domaines de l’innovation, de la politique et de l’économie numérique.
Je suis reconnu pour mon approche approfondie et analytique, me distinguant par ma capacité à déchiffrer les tendances complexes et à les rendre accessibles au grand public.
Je crois fermement au pouvoir de l’information pour éclairer et émanciper les citoyens, et je m’engage à fournir des reportages précis et impartiaux. En plus de mon rôle chez LaPauseInfo.fr, je suis également un conférencier apprécié et un contributeur régulier à diverses plateformes et revues spécialisées en nouvelles technologies et en médias.