Vous percevez déjà une pension de réversion – ou vous vous apprêtez à la demander – et l’idée de partager votre vie en dehors du mariage vous inquiète ? Entre formulaires à remplir, plafonds de ressources et crainte de voir vos droits s’envoler, le sujet peut vite tourner au casse-tête.
Pas de panique : ce dossier passe votre situation au peigne fin. Vous saurez enfin ce que la loi autorise, ce qu’il faut (ou non) signaler, comment la pension est calculée et dans quels scénarios elle peut être réduite, suspendue… voire réclamée.
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Pension de réversion et concubinage : conditions, montant et pièges à éviter
1. Pension de réversion : rappels essentiels
Définition et régimes concernés
La pension de réversion est un droit dérivé : elle correspond à une fraction de la retraite – de base ou complémentaire – de votre conjoint(e) ou ex-conjoint(e) décédé(e).
Les principaux régimes où elle s’applique :
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- Régime général (CNAV/Carsat) : salariés du privé, indépendants, artistes-auteurs, contractuels…
- Régimes « alignés » : MSA salariés, SSI, etc.
- Régimes complémentaires : Agirc-Arrco, complémentaires des indépendants…
- Fonction publique (civils et militaires), avec des règles dédiées.
Pour le régime général, les articles L.353-1 et suivants du Code de la Sécurité sociale font foi.
Quelques conditions incontournables (régime général) :
- avoir été marié(e) au défunt (ni Pacs ni concubinage ne suffisent),
- avoir 55 ans minimum (sauf exceptions rarissimes),
- respecter les plafonds de ressources.
Conjoint survivant, ex-conjoint, pacsé, concubin : qui a droit à quoi ?
La confusion naît souvent de là : toutes les unions ne se valent pas.
- Conjoint survivant (toujours marié au décès) : oui, droit à réversion si les critères sont remplis.
- Ex-conjoint divorcé : même droit, même en cas de nouveau couple, la pension étant partagée proportionnellement à la durée des mariages.
- Pacsé ou simple concubin du défunt : pas de droit à réversion.
En résumé : si l’union n’était pas un mariage, la réversion n’existe pas.
Réformes 2023-2024 : ce qui a (vraiment) changé
Les dernières réformes n’ont pas touché au principe fondamental : la réversion reste exclusive au mariage. Les évolutions portent surtout sur :
- la revalorisation annuelle des plafonds de ressources et des montants planchers,
- la demande en ligne généralisée,
- des contrôles plus fréquents (revenus, situation familiale, résidence).
2. Concubinage, PACS, remariage : quel effet sur vos droits ?
Le concubinage vu par la loi
Juridiquement, le concubinage est une union de fait : stable, continue, sans mariage ni Pacs. Il ne crée aucun droit à réversion… mais il peut en modifier le montant si vous la touchez déjà.
Deux points à retenir :
- Pour ouvrir le droit, seul le mariage compte.
- Pour le plafond de ressources du régime général, les revenus de votre nouveau couple (concubin, pacsé ou époux) entrent dans le calcul.
Perte ou maintien : quelques situations concrètes
La question qui revient sans cesse : « Puis-je continuer à toucher la réversion si je vis en concubinage ? »
La réponse est globalement oui, mais avec deux nuances :
- Régime général : le droit n’est pas annulé, mais les revenus de votre concubin sont agrégés aux vôtres pour vérifier le plafond.
- Régimes complémentaires : la plupart n’imposent aucune condition de ressources ; en revanche, un remariage peut parfois faire tomber la réversion. Le concubinage, la plupart du temps, n’a pas d’effet, à confirmer auprès de chaque caisse.
Que faut-il déclarer ? Et à qui ?
Pas de registre officiel du concubinage, certes. Toutefois :
- CNAV/Carsat : toute modification de situation influant sur vos ressources (installation en couple, reprise d’emploi, rupture…) doit être signalée.
- Complémentaires : on informe systématiquement la caisse d’un remariage. Pour un Pacs ou un concubinage, la déclaration est rarement exigée, mais mieux vaut lire le règlement.
Fraude ou oubli volontaire ? La caisse pourra réclamer le trop-perçu, assorti de pénalités.
3. Conditions de ressources et plafonds : êtes-vous éligible ?
Plafonds 2024 – régime général
Pour l’année 2024, vos ressources annuelles brutes ne doivent pas dépasser :
- ≈ 25 000 € si vous vivez seul(e),
- ≈ 40 000 € si vous vivez en couple (mariage, Pacs ou concubinage).
Au-delà, la pension est diminuée, voire ramenée à zéro jusqu’à nouvel ordre.
Comment vos revenus – et ceux du concubin – sont-ils intégrés ?
La notice du Cerfa 13364*02 détaille la liste, mais en substance :
- Salaires et revenus d’activité : 70 % de leur montant.
- Pensions (retraite, invalidité, etc.) et rentes : intégralité.
- Revenus patrimoniaux (foncier, valeurs mobilières) : intégralité.
Les ressources de l’un et de l’autre sont additionnées puis confrontées au plafond « couple ». D’où l’impact parfois brutal du concubinage sur la réversion.
Quelques pistes pour rester dans les clous
On ne triche pas avec l’Assurance retraite, mais on peut optimiser légalement :
- Vérifier que vous n’incluez pas des aides non retenues (APL, allocations familiales…).
- Tenir compte de l’abattement de 30 % sur les salaires.
- Répartir intelligemment certains revenus du patrimoine dans le couple, si la situation fiscale le permet.
- Déduire travaux ou intérêts d’emprunt pour alléger des revenus fonciers trop élevés.
Un passage chez un conseiller retraite ou au CCAS local peut vous éclairer avant de déposer la demande.
4. Procédure de demande et obligations de déclaration
Les pièces à rassembler
Sur support papier, la demande passe par le Cerfa n° 13364*02. En ligne, le site vous guide. Il vous faudra :
- l’acte de décès,
- le livret de famille, l’acte de mariage, le jugement de divorce si besoin,
- vos justificatifs de ressources (bulletins de salaire, avis de pensions, avis d’imposition, etc.),
- un RIB,
- une pièce d’identité valide.
Pensez à cocher « je vis en couple » si c’est votre cas : le service ne devinera pas votre situation.
Déposer la demande en ligne : mode d’emploi éclair
- Connectez-vous sur lassuranceretraite.fr (ou info-retraite.fr).
- Rubrique « Demander une pension de réversion ».
- Saisissez vos infos, téléversez les scans, validez.
- Gardez le numéro de dossier et suivez l’avancement dans « Suivre mes demandes ».
Date d’effet : jamais avant le 1er jour du mois qui suit vos 55 ans, sauf dépôt dans l’année du décès.
Contrôles et sanctions : à quoi s’attendre ?
Questionnaires, croisements de fichiers (Impôts, CAF, Pôle emploi)… Les caisses vérifient. Une omission concernant votre vie en couple ou vos revenus ? Attendez-vous à :
- un recalcul du droit,
- le remboursement du trop-perçu,
- d’éventuelles pénalités en cas de fraude caractérisée.
5. Montant de la pension de réversion : calculs et exemples
Taux appliqués
Régime général : 54 % de la pension de base du défunt, avec un minimum annuel si 60 trimestres validés.
Régimes complémentaires : souvent 60 % sans condition de ressources, sauf clause de remariage.
Majorations possibles
Deux bonus à connaître :
- Enfants : +10 % dès trois enfants, ou majoration forfaitaire par enfant à charge (≈ 113 €/mois en 2024).
- Faibles ressources : coup de pouce si l’ensemble de vos pensions reste modeste.
La durée du mariage sert uniquement à partager la réversion entre ex-conjoints.
Simulations en situation de concubinage
Cas n° 1 : veuve en concubinage, revenus modestes
- Pension du défunt : 1 200 €.
- Réversion (54 %) : 648 €.
- Vos revenus : 400 € de salaire + 300 € de complémentaire.
- Revenus du concubin : 1 400 €.
Après abattements, le couple reste sous 40 000 € annuels : la réversion est versée intégralement.
Cas n° 2 : veuf en couple avec une cadre très bien rémunérée
- Réversion théorique : 800 €.
- Votre pension personnelle : 1 000 €.
- Salaire de la compagne : 4 000 €.
Ici, le plafond de 40 000 € est dépassé : la pension de réversion sera réduite, voire suspendue. Le droit reste ouvert, mais rien ne sera versé tant que les ressources demeureront supérieures au plafond.
6. Cumuls et perte du droit : emploi, nouvelles unions, succession
Cumuler réversion et salaire ?
C’est permis. Néanmoins, dans le régime général, vos revenus d’activité (retenus à 70 %) s’additionnent aux autres ressources pour le calcul du plafond. Pas de plafond côté complémentaires.
Remariage, Pacs, nouvelle vie : quelles conséquences ?
- Régime général : le remariage ne supprime pas le droit, mais gonfle les ressources du couple.
- Complémentaires : souvent, le remariage éteint la réversion. Le Pacs ou le concubinage, non.
Vous risquez également la perte (ou la suspension) si vos revenus dépassent durablement le plafond ou si vous ne remplissez plus les conditions d’une majoration.
Et après le décès du bénéficiaire ?
La réversion est viagère. Elle cesse à votre décès et ne se transmet pas. Les arrérages dus mais non payés peuvent toutefois entrer dans votre succession.
7. Accompagnements et recours en cas de litige
Médiateur de l’Assurance retraite : un arbitre gratuit
En désaccord avec la Carsat ? Après la réclamation classique, vous pouvez saisir le médiateur. Son avis n’est pas légalement contraignant, mais il est fréquemment suivi.
Associations de veuves et retraités : une aide précieuse
Simulation, constitution du dossier, lecture critique des décisions… Ne restez pas seul. CCAS, associations de veufs/veuves ou de retraités proposent un accompagnement souvent gratuit.
Recours : mode d’emploi express
Décision contestée ? Vous disposez de 2 mois pour un recours gracieux. Ensuite, cap sur la commission de recours amiable, puis le pôle social du tribunal judiciaire si nécessaire. Votre courrier doit retracer précisément votre situation, citer les textes et joindre les pièces actualisées.
8. FAQ spéciale « pension de réversion et concubinage »
Puis-je toucher la réversion en vivant en concubinage ?
Oui, à condition d’avoir été marié(e) avec le défunt, d’avoir l’âge requis et de rester sous le plafond de ressources. Les revenus de votre concubin sont, eux, pris en compte par la CNAV.
Dois-je déclarer mon concubinage ?
Au régime général, les caisses ne vous demandent pas « Êtes-vous concubin ? » mais « Vivez-vous en couple ? ». Si la réponse est oui, vous devez l’indiquer en actualisant vos ressources. Les complémentaires s’intéressent surtout au remariage.
Qu’est-ce qui fait perdre la réversion ?
- Dépassement durable du plafond de ressources CNAV,
- Remariage interdit par certains régimes complémentaires,
- Fin de conditions ouvrant droit à une majoration (enfant à charge, etc.).
Le Pacs ou le concubin peut-il toucher la réversion de mon futur décès ?
Non. Seul le mariage crée le droit à réversion, tous régimes confondus.
Comment faire ma demande en ligne ?
Connectez-vous sur lassuranceretraite.fr ou info-retraite.fr, remplissez la rubrique « Demander une pension de réversion », joignez vos justificatifs et suivez votre dossier en temps réel.
Quel montant vais-je percevoir ?
54 % de la pension de base du défunt pour la CNAV, 60 % pour la plupart des complémentaires, sous réserve de vos ressources et des éventuelles majorations. Les simulateurs officiels restent votre meilleur allié.
Ma pension est suspendue pour cause de concubinage : quels recours ?
Recours gracieux, commission de recours amiable, médiateur, tribunal : les voies existent. Agissez dans les délais et joignez des preuves actualisées.
9. Checklist « Ne pas perdre sa réversion en cas de concubinage »
- Vérifier que le mariage avec le défunt est bien établi.
- Avoir 55 ans ou plus (régime général).
- Passer en revue vos revenus et ceux du concubin sur 12 mois.
- Comparer au plafond : ≈ 25 000 € (seul) ou ≈ 40 000 € (couple).
- Réunir acte de décès, livret de famille, jugement de divorce, avis d’imposition, bulletins de salaire, RIB…
- Remplir la demande (en ligne ou via le Cerfa 13364*02).
- Déclarer honnêtement votre situation : seul ou en couple.
- Informer la caisse de tout changement (nouveau concubin, séparation, remariage, hausse de revenus).
- En cas de refus ou réduction, noter la date de notification et préparer un recours sous 2 mois.
Conclusion : concubinage, oui… mais en toute transparence
Vivre en couple après un veuvage n’est pas incompatible avec la pension de réversion. L’essentiel est double : avoir été marié(e) à la personne décédée et déclarer sans fard l’ensemble de vos ressources – les vôtres comme celles de votre compagnon ou compagne.
Avant de cliquer sur « Valider » ou d’envoyer votre formulaire papier, prenez le temps de :
- faire vos comptes en version « couple »,
- consulter, si besoin, un conseiller ou une association,
- rassembler puis conserver soigneusement chaque justificatif.
Une démarche carrée aujourd’hui, ce sont des mois de tranquillité demain.
Questions fréquentes sur la pension de réversion et le concubinage
Puis-je toucher la pension de réversion si je suis en concubinage ?
Oui, mais les revenus de votre concubin sont pris en compte pour vérifier le plafond de ressources dans le régime général. Dans les régimes complémentaires, le concubinage n’a généralement pas d’impact, sauf exceptions.
Est-il obligatoire de se déclarer en concubinage ?
Pour le régime général, vous devez signaler toute modification de situation familiale ou de ressources, y compris une vie en concubinage. Les régimes complémentaires demandent rarement cette déclaration, sauf en cas de remariage.
Quand peut-on perdre la pension de réversion ?
Vous pouvez perdre la pension de réversion en cas de remariage (selon le régime), si vos revenus dépassent le plafond ou en cas de non-respect des obligations de déclaration auprès de votre caisse.
Un couple non marié peut-il bénéficier d’une pension de réversion ?
Non, seuls les conjoints mariés au défunt peuvent prétendre à une pension de réversion. Les couples pacsés ou en concubinage n’ont pas droit à cette prestation.
Quelles ressources sont prises en compte pour la pension de réversion ?
Pour le régime général, vos revenus personnels et ceux de votre concubin ou conjoint (en cas de vie commune) sont pris en compte. Les régimes complémentaires n’imposent pas de condition de ressources, sauf exceptions.
Dois-je déclarer une rupture de concubinage à ma caisse ?
Oui, toute modification de votre situation familiale ou financière, comme une rupture de concubinage, doit être signalée à votre caisse pour un recalcul éventuel de vos droits.
Je suis Nicolas Lepetit, rédacteur expérimenté et pilier éditorial de LaPauseInfo.fr depuis 2015. Passionné par l’impact de la technologie sur la société, j’ai développé une expertise particulière dans les domaines de l’innovation, de la politique et de l’économie numérique.
Je suis reconnu pour mon approche approfondie et analytique, me distinguant par ma capacité à déchiffrer les tendances complexes et à les rendre accessibles au grand public.
Je crois fermement au pouvoir de l’information pour éclairer et émanciper les citoyens, et je m’engage à fournir des reportages précis et impartiaux. En plus de mon rôle chez LaPauseInfo.fr, je suis également un conférencier apprécié et un contributeur régulier à diverses plateformes et revues spécialisées en nouvelles technologies et en médias.