« Le vrai piège, c’est… » : voici les 4 bouteilles d’eau à éviter à tout prix, selon Jean-Michel Cohen

Dans les rayons, les bouteilles aux couleurs pastel affichent des promesses de « zéro culpabilité » et de « fraîcheur fruitée ». Pourtant, derrière ces slogans accrocheurs, certaines eaux aromatisées se rapprochent davantage de sodas déguisés. Le Dr Jean-Michel Cohen, médecin nutritionniste, alerte sur les pièges qu’elles recèlent et rappelle que l’hydratation quotidienne ne rime pas forcément avec sucre ajouté.

Un marketing séduisant… mais potentiellement trompeur

Le premier piège tient au flou qui entoure la catégorie « eau aromatisée ». Les emballages brillants mettent l’accent sur des termes tels que « sans colorant », « naturel » ou « équilibre », créant l’illusion d’un produit aussi sain que l’eau plate. Pourtant :

  • Un tiers des références en rayon affiche plus de 2 g de sucre pour 100 ml, soit l’équivalent d’un morceau de sucre (≈4 g) dans un simple verre de 200 ml.
  • Certains fabricants cumulent sucre et édulcorants, entretenant la recherche d’un goût toujours plus sucré.
  • Le prix au litre peut grimper jusqu’à 2 € ou plus, alors qu’une eau minérale classique coûte en moyenne 0,20 € à 0,40 € le litre.

Résultat : on boit souvent ces produits comme de l’eau, alors qu’ils s’apparentent nutritionnellement à des boissons sucrées.

Les 4 bouteilles à bannir selon le Dr Jean-Michel Cohen

Après avoir passé au crible une cinquantaine de références, le spécialiste pointe quatre produits dont la consommation devrait rester exceptionnelle :

  • Bulles de Fruits pamplemousse & touche de citron – Badoit (Nutri-Score D) : mélange sucre + édulcorants, idéal pour « accrocher » durablement le palais au sucre.
  • Volvic Essentiel concombre, menthe & basilic bio : 2,3 g de sucre/100 ml. Une bouteille de 75 cl renferme plus de 17 g de sucre, soit la quantité contenue dans un demi-canette de soda.
  • Citronnade eau de source plate – Cristaline : 2,9 g de sucre/100 ml, soit près de 30 g par litre ; l’équivalent de sept morceaux de sucre.
  • Eau aromatisée pêche « immunité » – Vittel (Nutri-Score C) : presque 2 % de sucre et un argument « immunité » jugé trompeur, puisque l’apport réel en micronutriments est négligeable.

Le vrai coût du sucre liquide

Au-delà du simple chiffre sur l’étiquette, le sucre sous forme liquide présente plusieurs dangers :

  • Absorption rapide : dissous dans l’eau, le sucre passe quasi immédiatement dans le sang, provoquant un pic glycémique.
  • Apport calorique sous-estimé : 25 g de sucre représentent 100 kcal, soit la moitié de la recommandation journalière maximale de l’OMS (50 g).
  • Impact sur les dents : exposées à une solution sucrée, les bactéries buccales produisent des acides qui attaquent l’émail.
  • Conditionnement du goût : s’habituer dès l’enfance à des boissons sucrées rend plus difficile la transition vers de l’eau nature.

Ces données expliquent pourquoi le Dr Jean-Michel Cohen réserve les eaux aromatisées sucrées aux occasions festives et conseille de ne pas en dépasser un verre (200 ml) par jour.

Comment choisir une eau vraiment désaltérante ?

  • Lisez la ligne « glucides dont sucres » : si la valeur dépasse 0 g, considérez la boisson comme un soda léger.
  • Privilégiez les mentions « sans sucres ni édulcorants » : certaines marques proposent désormais des infusions à froid simplement aromatisées par des feuilles de menthe ou des zestes d’agrume.
  • Pensez au fait maison : quelques rondelles de concombre, un brin de romarin et de l’eau pétillante offrent un rafraîchissement sans calories.
  • Variez les eaux minérales nature : riches ou pauvres en minéraux, plates ou gazeuses, elles couvrent tous les goûts sans apport sucré.

En résumé, le vrai piège n’est pas le rayon, mais la confusion entre hydratation et gourmandise. Pour un usage quotidien, l’eau reste irremplaçable dans sa version la plus simple ; les eaux sucrées, elles, doivent demeurer un petit plaisir ponctuel, consommé les yeux grands ouverts sur les étiquettes.

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