La Fondation pour le patrimoine et le ministère de la Culture évaluent les besoins de financement pour la restauration de ce site mémoriel à environ 2 millions d’euros. Le 10 juin 1944, 643 résidents ont tragiquement perdu la vie, victimes d’un massacre perpétré par les forces nazies dans ce village.
C’est un lieu de mémoire qui témoigne des horreurs de la guerre et qui nécessite une restauration importante. Un appel aux dons a été lancé le 18 juin par la Fondation du patrimoine et le ministère de la Culture pour préserver les ruines du village martyr d’Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne), dont les murs s’effondrent progressivement. Près de 20 000 euros ont déjà été réunis.
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Cette agglomération du Limousin a été incendiée par les nazis après qu’ils aient massacré 643 de ses habitants le 10 juin 1944. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le village est conservé en l’état pour témoigner de l’ampleur de ce crime de masse.
« Si les murs disparaissent, la transmission devient impossible »
Chaque année, l’État consacre 300 000 euros à la maintenance et à la restauration de ce site historique. Cette année, 500 000 euros supplémentaires ont été alloués à la rénovation de l’église où les femmes et les enfants du village ont été brûlés vifs. Cependant, les ruines ont besoin d’une attention accrue en raison des intempéries et du temps qui passe, explique la Fondation du patrimoine dans un communiqué. Le premier besoin de financement est estimé à 2 millions d’euros.
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« La dégradation s’accélère », prévient Philippe Lacroix, maire d’Oradour-sur-Glane. « Et si tous les murs tombent un jour, le village n’aura plus la même signification ». « Tous les témoins humains ont maintenant disparu. Le seul témoin qui reste, c’est le village », ajoute Agathe Hébras, petite-fille du dernier survivant du massacre, décédé en février. « Le risque, c’est que les ruines ne soient plus lisibles. Et sans village, nous ne pourrons plus transmettre. C’est notre meilleur outil pédagogique. »
Le seul mémorial de ce genre conservé en Europe
Quelque 300 000 personnes, dont 100 000 élèves, visitent chaque année les ruines d’Oradour, qui est le seul lieu de ce genre conservé en Europe, selon Benoît Sadry, président de l’association qui rassemble les familles des martyrs. « C’est le seul village martyr encore debout », dit-il. « À Marzabotto, en Italie, il ne reste que quelques centimètres de murs. À Lidice, en République Tchèque, rien n’a été préservé, c’est un champ de roses. »
À Oradour, à l’époque, « il y avait 320 bâtiments, dont 123 maisons habitées, sur 10 hectares. Aujourd’hui, lorsque les gens franchissent les portes du village et passent devant le panneau ‘Souviens-toi’, ils comprennent l’ampleur du massacre », souligne Philippe Lacroix, maire de la commune.
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