Studio parisien révolutionne les effets visuels, défiant le fond vert d’Hollywood

La demande pour cette innovation technologique ne cesse de croître auprès des maisons de production, offrant la possibilité de projeter des arrière-plans vidéo en direct derrière les comédiens. Un des trois seuls studios planétaires offrant cette prestation a élu domicile aux abords du Stade de France, situé en Seine-Saint-Denis.

Le règne du « fond vert » toucherait-il à sa fin ?

Le célèbre « fond vert », utilisé de manière systématique à Hollywood pour filmer les acteurs sur un fond unicolore afin d’incorporer des images numériques par la suite, est désormais mise à l’épreuve par une toute nouvelle technique. Celle-ci consiste à faire évoluer les acteurs devant des décors en vidéo qui sont projetés directement sur le plateau. L’un des trois studios proposant cette révolution se trouve dans l’Hexagone, non loin de la capitale parisienne.

Imaginez un vaste studio installé dans un grand hangar, ressemblant à ceux qui peuplent la Plaine Saint-Denis. Cependant, celui-ci se distingue nettement grâce à son écran LED colossal, constitué d’une multitude de moniteurs.


Ce système ingénieux offre la possibilité de projeter, avec une résolution élevée, tout autour des acteurs, un décor choisi au préalable. Que ce soit une plage, une jungle, un désert, un décor typique de western, l’espace interstellaire, un tunnel, en 2D ou en 3D. Bruno Corsini, le directeur technique de la sociétéPlateau Virtuel, nous emmène dans les coulisses de cette technologie. « Depuis toujours, notre objectif est que les gens ne réalisent pas qu’ils sont en train de regarder une scène filmée sur un écran. Nous faisons en sorte que la lumière soit perfectionnée au maximum, de sorte que le décor projeté sur les écrans soit le plus réaliste possible. De quoi semer le doute quant à ce qui est réel et ce qui ne l’est pas. », confie-il.

« L’unique frontière que nous rencontrons est la réalité elle-même. Malgré cela, nous sommes capables de surmonter des défis paraissant insurmontables, comme se rendre sur la Lune ou sur Mars. »

Bruno Corsini

à franceinfo


Coup de maître technologique

Sans entrer dans des considérations trop techniques, il est important de savoir qu’un système de « traqueur », fixé à la caméra, est utilisé. Ce dernier permet de faire évoluer en trois dimensions les comédiens au sein d’un décor qui s’adapte à leurs mouvements. C’est ce qui a été mis en œuvre pour une campagne de l’ESA, l’agence spatiale européenne, où l’illusion spatial était de mise.

Tout à la fois confondante et époustouflante, cette technique permet de contourner les contraintes et parfois les inconvénients du fond vert, en particulier en ce qui concerne la lumière et l’incrustation des images. « Avec le fond vert, il était impensable de tourner une scène où un personnage portait une armure réfléchissant la lumière, car il fallait ensuite tout réincruster », précise Bruno Corsini. Il en allait de même pour les vitres d’une voiture, ou le reflet dans des lunettes : des incrustations post-production s’avéraient souvent nécessaires.

« La plupart des acteurs étaient également lassés de ne pas avoir de repères par rapport au décor. »

Bruno Corsini

à franceinfo

Comme le souligne l’homme à l’origine de cette innovation, « Cette technologie permet aux réalisateurs et aux opérateurs de voir en temps réel tout ce qui sera capturé par la caméra. »

Cette prouesse reste pour l’instant encore coûteuse et toujours en phase de développement, cependant, nombre de clips, publicités ou films institutionnels – tels que ceux réalisés pour l’Agence spatiale européenne – ont déjà été tournés ici. Nul doute qu’il ne sera pas long avant que l’industrie du cinéma ne l’adopte.

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