Comment réduire la détérioration des épaves ? Cette interrogation peut sembler moins prioritaire, cependant, elle constitue le principal objectif du programme « Protégeons nos épaves », dont l’ambition est de préserver ces sanctuaires abritant une biodiversité marine riche et variée. #IlsOntLaSolution
Le projet SOS – Save Our Shipwreck, initié en 2019 par une équipe de chercheurs, vise à comprendre les mécanismes de corrosion qui affectent les épaves métalliques. En identifiant ces mécanismes, des protocoles de lutte contre la corrosion pourront être mis en place pour préserver ces vestiges, qui font partie de notre patrimoine culturel et sont protégés par la convention de l’UNESCO de 2001. Les épaves sont également des sites écologiques importants, hébergeant une grande diversité d’algues, de poissons, de micro-organismes et de flore sous-marine.
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Les épaves présentent aussi des risques pour l’environnement et la sécurité, car elles peuvent être remplies de carburant, de munitions, d’engins explosifs et de produits chimiques. La corrosion rongeant la structure de l’épave peut libérer ces substances dangereuses au fil du temps. L’objectif du projet SOS est donc de trouver des moyens de retarder la corrosion pour préserver les épaves le plus longtemps possible.
Pour ce faire, l’équipe du projet a étudié deux épaves situées dans des environnements très différents: le HMS Daffodil, situé au large de Dieppe, et Le Liban, un cargo qui a coulé en 1903 près de l’île Maïre, en Méditerranée. En 2020, des plongeurs ont installé des plaques de métal et des anodes sacrificielles sur ces épaves. Les anodes sacrificielles sont constituées de métaux actifs tels que le zinc ou le magnésium, qui se corrodent facilement, attirant ainsi la corrosion à la place de la structure de l’épave.
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De 2020 à 2023, des plongeurs scientifiques prélèvent régulièrement des échantillons du dispositif pour procéder à des analyses. Les données recueillies permettront d’évaluer la conservation des épaves et d’étudier l’impact de facteurs tels que la température de l’eau, la salinité et les courants sur la corrosion. Les résultats de ces analyses seront présentés lors d’une conférence à Dieppe en juin 2023.
Le programme, unique en Europe, est soutenu conjointement par le CEA, le CNRS, l’Université de Pau et des Pays de l’Adour, le DRASSM et la société A-CORROS. L’objectif final du projet est que les collectivités et les parcs nationaux mettent en œuvre les méthodes développées pour préserver les épaves et les rendre accessibles à un public plus large. Cela pourrait non seulement attirer des plongeurs tournés vers le loisir, mais aussi sensibiliser le grand public à ce patrimoine fascinant mais méconnu.
Une exposition dédiée aux épaves de la côte d’Albâtre se tiendra au château-musée de Dieppe jusqu’au 17 septembre 2023, présentant les découvertes archéologiques réalisées sur les épaves situées au large du littoral dieppois.
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