Inquiétudes pour Maria Kolesnikova, opposante biélorusse emprisonnée depuis 1000 jours

En 2020, Maria Kolesnikova, une opposante ayant manifesté contre la victoire électorale truquée du dirigeant biélorusse Alexandre Loukachenko, a été arrêtée. Elle a ensuite reçu une peine de 11 ans d’emprisonnement. Actuellement, son état de santé se détériore, et ses proches n’ont pas eu de nouvelles d’elle depuis maintenant quatre mois.

Le dimanche 4 juin 2023, cela fait 1000 jours que Maria Kolesnikova est emprisonnée en Biélorussie. Elle a été arrêtée en 2020 suite à l’élection frauduleuse du dictateur Alexandre Loukachenko. Elle est devenue célèbre suite à une action spectaculaire : alors que les services spéciaux biélorusses (KGB) tentaient de l’expulser du pays, elle a sauté par la fenêtre du véhicule et déchiré son passeport. Après avoir subi une intervention chirurgicale cet hiver, la santé de l’opposante se détériore, et depuis quatre mois, sa famille n’a plus aucune nouvelle d’elle.

Les visites, les appels téléphoniques et les courriers pour Maria Kolesnikova, qui a été condamnée à 11 ans de prison pour « complot contre le pouvoir » après les manifestations historiques contre l’élection truquée de Loukachenko en 2020, sont désormais interdits. Depuis le mois de mars, elle a été placée à l’isolement, selon sa sœur, Tatsiana Khomitch. Elle explique que c’est une sorte de cellule pour punir les prisonniers, où la personne est seule avec des conditions plus strictes. Elle ne peut sortir marcher qu’une fois par semaine et n’a droit qu’à une douche par semaine.

Opérée d’un ulcère perforé en décembre, l’opposante aurait perdu 15 kilos et ne peut pas bénéficier de tous les médicaments et soins adéquats. Son cas n’est pas isolé.

La pression s’intensifie sur les opposants politiques

Le mentor en politique de Maria Kolesnikova, l’ancien candidat à la présidentielle Victor Baricco, aurait été battu dans sa cellule. Ses proches ne savent pas dans quelle prison il a été transféré. La Biélorussie compte aujourd’hui plus de 1 500 prisonniers politiques et obtenir des informations sur leur sort devient de plus en plus difficile. Anaïs Marin, rapporteuse spéciale de l’ONU sur les droits de l’homme en Biélorussie, explique que personne ne rentre dans les prisons du pays, sauf parfois les avocats lorsqu’ils sont autorisés.

Traditionnellement, le mandat de l’ONU travaillait avec SNAC, une organisation de défense des droits de l’homme très sérieuse en Biélorussie. Malheureusement, la plupart de ses membres ont été arrêtés. Alès Bialiatski, prix Nobel de la paix, est en détention depuis deux ans. Tous les autres contacts qui pouvaient joindre les familles de manière discrète sans les mettre en danger ont dû fuir pour échapper à des détentions arbitraires.

Selon l’experte de l’ONU, de nombreuses allégations de cas de tortures sur les prisonniers politiques biélorusses ont été reçues. Les placer à l’isolement serait une façon de dissimuler les preuves.

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