Chine reçoit président Autorité palestinienne, se pose en facilitateur paix Israël-Palestine

Le président chinois Xi Jinping a adressé une convocation officielle à Mahmoud Abbas, signe de l’intention de la Chine de s’impliquer en tant qu’intermédiaire dans la lutte entre Israël et la Palestine. Cela reflète également les aspirations grandissantes de la Chine dans cette région.

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas est attendu le mardi 13 juin en Chine pour une visite d’État, à l’invitation du gouvernement chinois. Ces derniers mois, Pékin s’est montré disposé à encourager une reprise des pourparlers dans le conflit israélo-palestinien. Pour la Chine, cette démarche est surtout un moyen de rivaliser avec les États-Unis dans la région.

En accueillant Mahmoud Abbas – un leader de 88 ans politiquement affaibli – et alors que le processus de paix au Moyen-Orient n’est plus qu’un souvenir lointain, le président chinois Xi Jinping n’espère probablement pas résoudre rapidement un conflit qui s’annonce depuis des décennies. Mais cette invitation faite au président palestinien pour une visite d’État – donc au plus haut niveau protocolaire – démontre les ambitions de la Chine en tant que médiatrice dans cet affrontement inextricable.

C’est un dossier dont Washington détient toujours le contrôle jusqu’à présent. Avec les résultats que l’on connaît, c’est-à-dire aucun progrès sur le plan diplomatique et souvent un soutien implicite des États-Unis à la colonisation menée par l’État hébreu en Cisjordanie.

Objectif : relancer des pourparlers

Pékin prend donc l’initiative pour essayer de sortir de l’impasse. Le ministère chinois des affaires étrangères déclare soutenir « la juste cause du peuple palestinien pour restaurer ses droits nationaux légitimes ». En d’autres termes, la Chine, qui soutient un accord sur la base de deux États, souhaite relancer des pourparlers de paix le plus rapidement possible.

Pékin bénéficie à la fois de sa proximité historique avec les dirigeants palestiniens et de ses liens plus récents avec Israël, un rapprochement effectué au début des années 1990. La Chine est aujourd’hui le troisième partenaire commercial de l’État hébreu. Un autre atout pour le rôle de médiateur que Pékin souhaite jouer dans le conflit israélo-palestinien est le renforcement de ses relations avec de nombreux pays arabes. De plus, la diplomatie chinoise a montré son efficacité en facilitant la réconciliation spectaculaire entre l’Iran et l’Arabie Saoudite, qui étaient auparavant rivaux voire ennemis jurés. Ce succès donne des ailes à la politique étrangère chinoise dans la région.

Les États-Unis sont circonspects. Certains analystes d’outre-Atlantique y voient une intrusion dans l’un des bastions de la diplomatie américaine. Même si à Washington, on feint de ne pas accorder trop d’importance aux efforts de Pékin pour faciliter le dialogue entre Israéliens et Palestiniens, les États-Unis savent que leur relation privilégiée avec Israël ne peut pas être remise en cause par un pays tiers. En revanche, l’engagement politique des Chinois aux côtés de l’Autorité palestinienne pourrait inciter les Américains et les Israéliens à faire évoluer la situation.

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