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Marche pour le climat : Trahison de l’exécutif selon les manifestants

 

À l’appel de plusieurs centaines d’organisations écologistes, des dizaines de milliers de manifestants ont défilé dimanche à Paris pour réclamer une vraie loi climat à la hauteur de l’urgence écologique alors que le projet de loi “Climat et Résilience” sera examiné lundi à l’Assemblée nationale.

À la veille de l’examen à l’Assemblée nationale du projet de loi “Climat et Résilience”, issu notamment du travail des 150 citoyens de la Convention pour le climat, des rassemblements ont eu lieu, dimanche 28 mars, dans “près de 160” villes “partout en France”, à l’appel de nombreuses organisations. À Paris, la manifestation a rassemblé quelque 55 000 personnes, selon les organisateurs, qui revendiquent 110 000 manifestants dans toute la France.

Associations de défense de l’environnement, partis politiques, citoyens… Tous réclament une politique écologique plus ambitieuse, ce que ne propose pas, selon eux, le projet de loi sur le point d’être examiné par le législateur.

Dans le cortège, qui s’élance peu après 14 h en direction de la place de la République, les pancartes rivalisent de slogans inventifs.

La “trahison”, c’est ce dont estiment être victimes les manifestants présents. Les mesures de la Convention citoyenne pour le climat, si elles avaient été reprises telles quelles par le gouvernement, auraient permis à la France d’atteindre ses objectifs de -40 % d’émissions de gaz à effet de serre (d’ici à 2030, NDLR), mais en termes de transcription dans la loi, c’est une vraie trahison par rapport à ce qui avait été promis par l’exécutif, tance la porte-parole d’Alternatiba.

Depuis plusieurs années, notamment avec le mouvement Youth for Climate, la cause climatique fédère de plus en plus la jeunesse, qui était largement représentée dans le cortège parisien. De jeunes citoyens ont répondu présents, mais aussi de jeunes partis politiques, à l’instar du Parti animaliste, né en 2016, et qui a pris place dans le cortège parisien derrière le Parti socialiste, le mouvement Génération.s, EELV et consorts. En effet, protection du climat et protection des animaux sont deux luttes qui se rejoignent, affirme Laurence Volbart, l’une des porte-paroles du parti.

Évoquant les réticences de la majorité à propos d’une disposition du projet de loi relative à l’introduction d’une option végétarienne quotidienne dans l’ensemble de la restauration collective, Laurence Volbart considère que “le gouvernement se moque totalement de la parole citoyenne”. À ses côtés, Muriel Fusi, également porte-parole du Parti animaliste, ironise. Elle ne considère pas le projet de loi comme une trahison, pour la simple et bonne raison qu’elle “n’a jamais vraiment fait confiance à Emmanuel Macron” en matière d’écologie.

Aussi, si pour Marie Cohuet, d’Alternatiba, la Convention citoyenne pour le climat était, à la base, une expérience démocratique intéressante, qui a permis à des citoyens de réaliser un travail salué par les experts du Haut conseil pour le climat, pour Laurence Volbart, du Parti animaliste, le résultat obtenu témoigne avant tout d’une opération “de greenwashing, de communication”.

Pour sa part, la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, s’est félicitée de l’existence des “marches pour le climat”, tout en assurant que son texte resterait comme “une des plus grandes lois du quinquennat”.

Des mesures très ambitieuses qui à la fin ne peuvent pas s’appliquer, ce sont des mesures qui n’existent pas, a-t-elle souligné sur France inter, dimanche, ajoutant que la discussion parlementaire pourrait enrichir le texte de nouvelles avancées.

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