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Législatives en Bulgarie : Le parti de Borissov en difficulté face aux opposants

Une situation difficile pour le chef du gouvernement bulgare. Le parti du Premier ministre conservateur Boïko Borissov est arrivé en tête des législatives dimanche 4 avril en Bulgarie, selon les sondages partiels de sortie des urnes. Mais le vote protestataire a récolté davantage de suffrages qu’attendu, quelques mois après des manifestations massives contre la corruption, rendant compliquées les négociations en vue d’un gouvernement.

Selon les données de la commission électorale centrale après 42,5 % des bulletins dépouillés, le GERB, le parti de centre-droit de Boïko Borissov, restera la première formation au Parlement, mais en remportant seulement 24,2 % des voix, contre 33,5 % il y a quatre ans.

Le nouveau parti anti-système fondé par l’animateur de télévision et chanteur populaire Slavi Trifonov est donné en deuxième position du scrutin, avec 19 % des suffrages, devant les socialistes de l’opposition avec 14,9 %.

Parmi ceux qui sont descendus dans la rue l’été dernier, le parti “Bulgarie démocratique” (droite) a tiré son épingle du jeu (9 %), tandis que “Debout ! Mafia dehors” (gauche), devrait faire son entrée au Parlement avec 5 % des voix.

Le contexte anxiogène en pleine troisième vague de Covid-19, avec des hôpitaux pleins à craquer et un nombre important de personnes placées en quarantaine avait fait craindre une forte abstention.

Mais finalement le taux de participation a résisté : il se situait à près de 40 % à 17h  heure locales (14h GMT), contre quelque 42 % à la même heure en 2017, selon la commission électorale.

Des bureaux de vote avaient par ailleurs été installés dans les hôpitaux et des urnes mobiles étaient apportées à des familles en quarantaine.

De nombreux électeurs confiaient, au long de la journée, leur soif de nouveauté. “Je souhaite que des personnes plus jeunes entrent au gouvernement pour provoquer un changement”, disait ainsi Stela Gueorguieva, 78 ans, dans la banlieue de Sofia.

En combinaison de travail, Krassimir Slavtchev, 43 ans, lançait le même message. “Voter et exiger de la responsabilité : c’est ce qu’il faut faire pour ne plus entendre que la Bulgarie est la plus pauvre d’Europe”, assurait-il, tout en faisant la queue sous la pluie dans la capitale.

Le président Roumen Radev, qui avait soutenu les protestations antigouvernementales, avait appelé à la mobilisation des électeurs. “J’ai voté contre la destruction de l’État de droit, contre l’arbitraire et la corruption […]. Ces élections constituent un pas vers le retour à la normalité”, a-t-il déclaré dimanche à la presse.

En pointe dans les manifestations qui avaient mobilisé des milliers de Bulgares, Hristo Ivanov, dirigeant de Bulgarie démocratique, avait dit espérer “un Parlement plus légitime pour lancer un débat sur le changement”.

Le Premier ministre, qui avait refusé il y a quelques mois d’organiser des élections anticipées, aura finalement réussi à sauver la première place, mais les négociations pour former une coalition s’annoncent difficiles.

Refusant tout contact avec les médias depuis l’été, le dirigeant de 61 ans, ancien garde du corps qui se veut proche du “peuple”, avait mené sa campagne sur Facebook où il retransmettait au quotidien ses visites, au volant de son 4×4, aux quatre coins du pays, à la rencontre d’ouvriers et d’employeurs.

À noter enfin, le parti de la minorité turque MDL, habituel faiseur de rois, devrait décrocher 10 % des voix, tandis que les nationalistes du VMRO, qui participaient au gouvernement sortant, sont en perte de vitesse (4,6 %).

Les résultats officiels définitifs ne seront pas connus avant jeudi 8 avril.

 

 

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