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Îles grecques : 276 millions d’euros pour les camps des migrants

L’Union européenne va allouer 276 millions d’euros à la construction ou la rénovation de cinq camps de migrants sur les îles grecques, a annoncé lundi la commissaire européenne en visite à Lesbos. Elle a également exhorté la “Turquie à urgemment réadmettre les migrants de Grèce” et Athènes à enquêter sur les accusations de refoulements.

Lors d’un déplacement à Lesbos, en Grèce, la commissaire européenne chargée des migrations, Ylva Johansson, a fait une série d’annonces, lundi 29 mars.

Au terme d’une visite dans un centre pour demandeurs d’asile sur cette île, elle a affirmé que l’Union européenne (UE) allait allouer 276 millions d’euros pour la construction ou la rénovation de cinq camps de migrants sur les îles grecques. Cette somme a pour objectif de pousser le gouvernement grec à accélérer l’ouverture de nouveaux camps sur les îles de Samos, Chios, Kos et Lesbos avant l’hiver.

Les conditions de vie des migrants sur ces îles sont déplorables depuis des années. À Lesbos, à la suite de l’incendie qui a ravagé le camp de Moria en septembre, les migrants ont été redirigés vers le camp de Kara Tepe. Ce camp, qui abrite dans des conditions extrêmement difficiles plus de 6 000 personnes, dont une grande partie d’enfants, pêche par son manque de sécurité et ses mauvaises conditions sanitaires, ont rapporté plusieurs migrants et ONG.

Une situation désastreuse qui se veut provisoire : l’Union européenne et Athènes ont signé un accord pour la mise en place d’ici septembre 2021 d’un nouveau camp d’accueil sur la commune de Pali, à une demi-heure de route de la capitale de Lesbos, Mytilène.

Sur l’île de Samos, le camp de Vathy est un autre exemple d’échec : les migrants y vivent dans des conditions misérables, à flanc de colline, dans des cabanes en bois ou des abris faits de bâches et de couvertures, rapportait en décembre à InfoMigrants Dora Vangi, chargée de la communication pour Médecins sans Frontières en Grèce.

En janvier, Athènes avait demandé l’aide de l’Union européenne pour renvoyer près de 1 500 migrants déboutés du droit d’asile vers la Turquie. Ankara avait auparavant refusé de les recevoir malgré un accord de rapatriement entre l’UE et la Turquie signé en 2016.

La commissaire européenne s’est également exprimée sur les accusations de refoulements de migrants par les garde-côtes grecs en mer Égée, dont les témoignages abondent, en demandant à la “Grèce de faire plus” et d’enquêter.

L’agence de surveillance des frontières, Frontex, est notamment accusée d’avoir pratiqué plusieurs refoulements illégaux dans ces eaux.

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