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Ikea France : Ex-PDG jugés pour avoir espionné leurs salariés

Le procès de la filiale française d’Ikea, accusée d’avoir mis en place un système de surveillance illégal de certains de ses salariés, notamment de syndicalistes, s’est ouvert, lundi 22 mars, dans la matinée, devant le tribunal correctionnel de Versailles (Yvelines)  dont quinze personnes, dont des ex-dirigeants du groupe et des policiers, sont jugées.

Sur le banc des prévenus figure un curieux mélange des genres : d’anciens dirigeants d’Ikea France mais aussi des policiers et le patron d’une société privée de surveillance.

L’instruction a ainsi dévoilé, selon les termes du parquet de Versailles, un “système d’espionnage” d’employés mais aussi de candidats à l’embauche, s’étendant sur l’ensemble du pays, d’Avignon à Reims, en passant par l’Île-de-France. Selon l’accusation, plusieurs centaines de personnes dont des syndicalistes ont ainsi été passées au crible, leurs antécédents judiciaires ou leur train de vie scrupuleusement examinés.

Mais pour certains avocats de la défense, l’enquête contient de nombreuses faiblesses. Dans ce procès qui doit durer jusqu’au 2 avril, la filiale française d’Ikea (10000 salariés), poursuivie en tant que personne morale, encourt jusqu’à 3,75 millions d’euros d’amende.

Quinze personnes physiques seront également jugées dont des directeurs de magasins, des fonctionnaires de police mais aussi l’ex-PDG Stefan Vanoverbeke (2010-2015) et son prédécesseur Jean-Louis Baillot.

Sollicité, l’avocat du premier n’a pas voulu s’exprimer. Celui du second, Me François Saint-Pierre, a assuré que son client serait présent à l’audience et “souhaitait s’expliquer devant le tribunal”.

Face aux 74 parties civiles, les prévenus auront notamment à répondre des chefs de collecte et divulgation illicite d’informations personnelles, violation du secret professionnel ou encore de recel de ces délits, ce qui expose certains d’entre eux à une peine maximale de dix ans d’emprisonnement.

Les quatre fonctionnaires de police impliqués ont tous assuré lors de l’enquête n’avoir reçu aucune contrepartie financière.

Balayant les accusations “d’espionnage” le conseil d’Ikea France, Me Emmanuel Daoud, évoque plutôt “des faiblesses organisationnelles” de l’entreprise et souligne, suite aux révélations par la presse, la mise en place du “plan d’action” adopté par l’entreprise en 2012 comportant notamment “une refonte totale du processus de recrutement à l’ouverture de nouveaux magasins”.

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