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France : Un confinement d’au moins quatre semaines

Le Premier ministre, Jean Castex, a annoncé jeudi soir que 16 départements, dont Paris, seront soumis dès vendredi à minuit à un nouveau confinement pour lutter contre la “troisième vague” de Covid-19. Ces nouvelles “mesures de freinage massif” seront cependant moins strictes que le premier confinement national d’il y a tout juste un an. Près d’un tiers des Français seront reconfinés à partir du vendredi 19 mars à minuit pour lutter contre la flambée de l’épidémie de Covid-19.

Les départements concernés sont ceux des régions Île-de-France et Hauts-de-France, ainsi que la Seine-Maritime, l’Eure et le sud les Alpes-Maritimes. Cela concerne 21 millions d’habitants, dont les 12 millions de la région parisienne.

Le gouvernement espère au bout des quatre semaines qu’on pourra relâcher un certain nombre de restrictions, a déclaré vendredi sur RTL le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, au lendemain des annonces du Premier ministre.

Si le couvre-feu est repoussé d’une heure à 19 heures en métropole, les habitants des zones concernées par ce nouveau confinement ne pourront sortir de chez eux que “dans un rayon limité à 10 kilomètres”, avec une attestation, “sans aucune limitation de durée”. Les déplacements interrégionaux seront par ailleurs “interdits, sauf motifs impérieux ou professionnels”. Comme à l’automne, les écoles et collèges resteront ouverts normalement mais les lycées basculeront tous en “demi-jauge”.

Afin de “réduire les occasions de contacts dans les lieux clos”, les commerces non-essentiels devront baisser le rideau. Mais, après leur mobilisation à l’automne, les librairies et disquaires ont gardé le droit de rester ouverts. Ce qui ne sera pas le cas des coiffeurs.

Ces restrictions seront en place pour “quatre semaines” et pourront être étendues “à d’autres parties du territoire” selon l’évolution du virus, a prévenu le Premier ministre Jean Castex.

Avec un coût des nouvelles mesures chiffré à 1,2 milliard d’euros de plus par mois pour les finances publiques, selon le ministre de l’Économie Bruno Le Maire. Toujours pour éviter les concentrations, “toutes les entreprises et administrations qui le peuvent” devront pousser “au maximum” le télétravail pour le mettre en place “au moins quatre jours sur cinq”, a dit Jean Castex.

La “troisième vague”, comme la nomme le chef du gouvernement, aura eu raison de la volonté affichée d’Emmanuel Macron le 29 janvier d’éviter le confinement et sa cohorte de souffrances économiques, sociales et psychologiques pour la population. Signe toutefois d’hésitation de l’exécutif, ce tour de vis a été finalisé au cours d’une réunion jeudi à la mi-journée entre Jean Castex et Emmanuel Macron alors qu’à l’issue du Conseil de défense de mercredi, “deux hypothèses étaient sur la table : confinement le week-end ou 7 jours sur 7”, a confié une source proche de l’exécutif. Et Jean Castex a annulé une visite en principe prévue vendredi matin à Nice, selon la mairie.

La France a enregistré jeudi près de 35 000 nouveaux cas de Covid-19 en 24 heures, dépassant la barre des 30 000 pour la deuxième journée consécutive, selon Santé publique France. La pression sur les services de réanimation, accueillant les malades les plus graves, est repartie à la hausse, avec 4 246 malades, contre 4 219 la veille, un nouveau plus haut depuis fin novembre. Plus d’un quart de ces patients sont hospitalisés en Ile-de-France.

De quoi alimenter l’opposition. “Le confinement, c’est ce que l’on fait quand on a tout raté”, a dénoncé Marine Le Pen (RN). “La vis sans fin”, a raillé Jean-Luc Mélenchon (LFI), allant jusqu’à qualifier Emmanuel Macron de “génie de la chienlit !”. Mécontentement aussi du côté des commerces.

Plus que jamais, l’exécutif compte sur la vaccination pour sortir de la crise, avec la fin de la suspension du sérum AstraZeneca qui a reçu le feu vert du régulateur européen. Pour rassurer, Jean Castex se fera d’ailleurs lui-même vacciner vendredi. Malgré cette suspension, la campagne vaccinale a continué de progresser : 5 748 698 personnes ont reçu au moins une injection et 2 393 568 ont eu leurs deux doses, selon la Direction générale de la santé.

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