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Europe : Sept pays s’engagent à ne plus soutenir le pétrole et le gaz

Six autres pays rejoignent l’Hexagone dans l’arrêt, à terme, des soutiens publics à l’export des hydrocarbures. Mais seule la France a un calendrier précis.

Une coalition de sept pays, dont la France, vont s’engager, jeudi, à ne plus soutenir leurs exportations d’hydrocarbures (gaz et pétrole). La France a pris le leadership de ce qui demeure, à ce stade, « un premier pas », selon les termes de Bruno Le Maire, afin de se conformer aux engagements climatiques de l’accord de Paris. La France a convaincu le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Espagne, le Danemark, les Pays-Bas et la Suède de signer cet engagement. Pour l’instant, il ne s’agit que d’une déclaration de principes. L’arrêt des soutiens à l’export du gaz et du pétrole ne fait pas l’objet d’un calendrier précis, sauf en France. Il était important que la France soit rejointe par d’autres partenaires, sinon les entreprises françaises, privées de soutien public, auraient probablement disparu des grands appels d’offres internationaux avec des conséquences déplorables sur la richesse et l’emploi.

« Il y a trois ans, aucune politique publique ne prévoyait le verdissement des financements d’export. La France l’a inscrit dans sa loi de finances dès 2019 », relève le ministre français de l’Économie et des Finances. L’arrêt du soutien dans l’Hexagone sera progressif. En trois dates. Une première étape a été franchie le 1er janvier 2021. Depuis, le soutien public à l’export du pétrole lourd et des sables bitumineux est interdit. Puis, le 1er janvier 2025, la prohibition frappera le pétrole et ensuite, le 1er janvier 2035, ce sera le gaz. Une transition douce car il faut aussi tenir compte des 50 000 salariés directement concernés en France et qui devront être accompagnés vers de nouveaux emplois.

Comme le reconnaît Bruno Le Maire, cette stratégie nationale ne pouvait avoir que des effets limités pour le climat si nos voisins ne l’adoptaient pas à leur tour. D’où une approche désormais collective et qui demande à être étendue. Emmanuel Macron ne désespère pas de convaincre l’administration Biden de rejoindre cette alliance. On remarquera aussi l’absence parmi les grands pays européens des Italiens. « Leurs réflexions ne sont pas assez avancées », confirme-t-on à Bercy.

Les financements export sont un outil essentiel de la puissance publique pour orienter l’industrie. Ils permettent de soutenir les entreprises à l’export soit directement, soit par des garanties contre les risques que les bailleurs de fonds et assureurs privés ne veulent pas assumer pleinement en raison de la situation économique ou politique du pays bénéficiaire. Ce sont des sommes colossales : 200 à 300 milliards d’euros par an. La France ne pèse pas grand-chose avec seulement 400 millions d’euros de garantie d’exports de l’OCDE (soit 2 %). Mais l’alliance des 7 qui sera scellée demain pèse 45 % de tous les financements des pays de l’OCDE. Si les États-Unis devaient rejoindre cette alliance, la bascule du verdissement serait très importante. L’OCDE est le seul forum multilatéral qui participe à l’élaboration des règles concernant les crédits d’export, mais ne s’intéresse que marginalement aux questions environnementales. La Chine n’en fait pas partie.

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