Crise hospitalière : bilan des services d’accès aux soins triant patients avant urgences

À la fin du mois d’avril, le responsable du ministère de la santé a confié à un groupe de travail la tâche d’étendre les services d’accès aux soins à l’ensemble du territoire français d’ici la fin de l’année. Les organisations syndicales, qui ont appelé à un mouvement de grève mardi dans les établissements hospitaliers, considèrent cela comme une façon de « restreindre l’accès aux services d’urgence ».

Régulation pour mieux soigner ? Après les tensions qui ont émaillé les services d’urgence au cours de l’été 2022 et les craintes qu’elles se reproduisent en 2023, en raison du manque de personnel, le ministre de la Santé, François Braun, a annoncé fin avril vouloir limiter le nombre d’arrivées aux urgences. Pour ce faire, il compte généraliser les Services d’Accès aux Soins (SAS) à l’ensemble des départements d’ici fin 2023. Leur objectif est de réguler le flux de patients en les incitant à contacter d’abord le 15 avant d’aller directement à l’hôpital.

Au bout du fil, des assistants de régulation médicale (ARM) et des médecins sont chargés de diriger les patients vers le service le plus adapté : à l’hôpital en cas de besoin vital ou vers un médecin généraliste pour des soins non programmés. Toutefois, cette régulation est dénoncée par les syndicats qui appellent à la grève et à des rassemblements partout en France.

Les urgences sont de plus en plus sollicitées, avec près de 20 millions de personnes ayant franchi les portes des urgences en 2021. Cela est dû au manque de praticiens et au vieillissement de la population, nécessitant davantage de soins. De plus, 6,7 millions de Français se retrouvent sans médecin traitant, selon l’Assurance-maladie.

C’est dans ce contexte que la solution des SAS a été proposée. Les premières expérimentations ont été menées en 2022 et se sont progressivement étendues à la quasi-totalité des départements. Cependant, la mise en place des SAS nécessite du temps, des ressources et des recrutements, tels que 700 places de formation annoncées par François Braun.

Les effets de cette campagne de recrutement ne seront ressentis qu’à partir d’un an, le temps nécessaire pour la formation des ARM. De plus, il faudrait 20 à 30% d’effectifs supplémentaires pour généraliser le mode SAS, un objectif qui semble difficile à atteindre d’ici fin 2023. Pour réussir cette régulation des urgences, il faudra également mieux coordonner la médecine de ville et l’hôpital et inciter les patients à contacter d’abord le 15 avant de se rendre aux urgences.