Cannes 2023 : Ruben Östlund, cinéaste suédois, promet présidence « démocratique »

Cinquante ans après sa célèbre compatriote, l’actrice Ingrid Bergman, Ruben Östlund présidera le jury de la prochaine édition du Festival de Cannes, dont les membres n’ont pas encore été dévoilés.

Le cinéaste suédois Ruben Östlund, président du jury de la 76e édition du Festival de Cannes, promet d’être impartial lors du festival, même si cela signifie laisser le britannique Ken Loach devenir le premier à remporter trois Palmes d’Or. Dans une interview à l’AFP, Östlund déclare que Cannes est « l’un des rares endroits où on a l’impression que l’argent joue un rôle, mais que l’on ne peut pas acheter sa place dans la compétition ».

Tous les films sont jugés de la même manière

« Par exemple, on peut avoir un petit film iranien réalisé par un réalisateur de 19 ans en format DV à côté de films à gros budget. Et ces deux films devraient être évalués de la même manière lorsqu’on les regarde », explique le lauréat de deux Palmes d’Or (The Square en 2017 et Sans Filtre en 2022), à quelques semaines de l’ouverture du prestigieux festival.

Présidant le jury un an après son propre sacre et exactement 50 ans après sa compatriote Ingrid Bergman, Östlund promet de ne pas avoir de préjugés sur la sélection des films, déjà composée de 19 longs métrages, ou leurs réalisateurs, incluant des noms célèbres du cinéma comme Ken Loach, l’Italien Nanni Moretti et la réalisatrice sénégalaise débutante Ramata-Toulaye Sy. « Nous les traiterons sur un pied d’égalité. Nous n’allons pas penser aux différences spécifiques entre les réalisateurs », assure le cinéaste suédois depuis sa maison de Majorque.

Si The Oald Oak, le film de Ken Loach, séduit le jury, Östlund promet de mettre de côté son ego et de lui décerner une inédite troisième Palme, à condition que ce soit « le meilleur film ».

Un président à l’écoute et démocratique

En tant que président du jury, Östlund affirme qu’il faut « regarder au loin et ne pas être trop individualiste ni se regarder soi-même ». Bien qu’il n’ait pas « décidé à 100% » quel président il sera, il assure vouloir adopter une « approche très démocratique de la présidence » et aimer « écouter ce que tout le monde dit sur les différents films » sans prétendre être une autorité.

Impatient, Östlund attend avec hâte de vivre « la tension et la pression » du festival de Cannes, qui a une résonance personnelle pour lui en tant que fan du cinéaste autrichien Michael Haneke et du suédois Bo Widerberg. « Quand j’ai commencé à faire des films, parce que je voulais être comme mes héros, j’ai compris que Cannes était l’endroit où projeter ses films parce que c’est là que l’on peut attirer l’attention et toucher d’autres personnes qui regardent les films de la même manière », explique-t-il.

Un nouvel opus en préparation

Confiant face à l’émergence de plateformes telles que Netflix, Östlund exclut de réaliser pour une plateforme, par amour pour le septième art et par fidélité pour ses distributeurs. « Le cinéma est aujourd’hui l’une des rares salles où nous regardons des choses ensemble », argumente-t-il.

Après le festival, Östlund travaillera sur son septième film, The Entertainment System is Down, qui se déroule dans un avion long-courrier. Espérant « écrire l’histoire » avec ce film, il raconte une scène insoutenable montrant l’impatience d’un enfant attendant de pouvoir jouer avec un iPad. Depuis son bureau construit dans son jardin espagnol, Östlund vise une nouvelle sélection cannoise qui lui offrirait un ticket pour une possible troisième Palme en moins de dix ans. « Je pense que [Cannes] va respecter mon prochain film. Et bien sûr, je fais partie de la marque que Cannes représente, mais si ce n’est pas un bon film, il ne sera pas en compétition », conclut le double lauréat.