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Biélorussie : Atmosphère anxiogène

 

L’appel à manifester lancé par l’opposante en exil Svetlana Tikhanovskaïa en vue du Jour de la liberté, le 25 mars, n’aura été que peu suivi: à Minsk, la police était partout, alors que la répression du régime d’Alexandre Loukachenko continue de se durcir. Peu d’affiches, de slogans et de drapeaux.

La veille au soir, des vidéos circulaient déjà sur les chaînes Telegram de l’opposition biélorusse, montrant les forces de l’ordre se rassembler à Minsk en vue des manifestations annoncées pour le 25 mars.

Le 25 mars est depuis 1989 le jour de fête de l’opposition biélorusse. Le Jour de la liberté marque l’anniversaire de la création de la première république biélorusse indépendante en 1918, renversée un an plus tard par les bolchéviques. Le mouvement d’opposition à Alexandre Loukachenko a repris comme symbole le drapeau blanc, rouge, blanc de cette éphémère première république.

Cette année, la manifestation a été interdite à cause du coronavirus et des « appels extrémistes » passés via les groupes sur l’application de messagerie Telegram. Dans la capitale, les membres des forces de l’ordre se sont avérés plus nombreux que les manifestants dans le centre-ville, a constaté le média biélorusse Tut.by. Plus de 200 personnes ont été arrêtées, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur.

Tout autour, il y avait en permanence beaucoup de membres des forces de l’ordre, dans différents uniformes. A chaque coin de rue, il y avait des bus avec des policiers. Des bus des forces de l’ordre faisaient des allers-retours dans le centre-ville. L’atmosphère était très anxiogène.

« Les gens se font arrêter pour avoir porté les mauvais vêtements, pour avoir mis des rideaux de la mauvaise couleur à la fenêtre, pour avoir envoyé un message »

Les arrestations et les procès contre les manifestants se sont multipliés depuis l’été dernier. La répression frise parfois l’absurde: une jeune femme de 20 ans a été arrêtée pour avoir porté des chaussettes blanches et rouges. Les autorités ont multiplié les arrestations préventives dans les jours précédant le 25 mars. Certains Biélorusses affirment sur les réseaux sociaux n’avoir pas pu prendre de jour de congé le 25 mars, sous menace de licenciement.

Chaque semaine la répression devient plus dure. Les gens se font arrêter pour avoir porté les mauvais vêtements, pour avoir mis des rideaux de la mauvaise couleur [blancs et rouges, NDLR] à sa fenêtre, pour avoir envoyé un message. Il y a beaucoup de prisonniers politiques, on vient les chercher chez eux, au travail, dans la rue. On n’est en sécurité nulle part. Nos proches non plus. Ça laisse nécessairement des traces.

Alexandre Lukachenko a affirmé le 26 mars avoir « calmement traité l’opposition » célébrant le Jour de la liberté. Le matin-même, le ministère de l’Intérieur a affirmé avoir déjoué un attentat terroriste dans la capitale.

La réélection du président biélorusse Alexandre Loukachenko, le 9 août, a été contestée par l’opposition, qui dénonce d’importantes fraudes au détriment de sa principale rivale Svetlana Tikhanovskaïa. Le mouvement de contestation avait rassemblé jusqu’à 100 000 manifestants à l’été 2020.

 

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