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Angleterre : “Happy Monday” pour célebrer le déconfinement

 

Après un confinement de près de trois mois, l’Angleterre s’est lancée dans un assouplissement majeur des restrictions. Familles et amis peuvent désormais se retrouver dans des espaces extérieurs et de nombreux sports sont de nouveau autorisés. Boris Johnson a toutefois exhorté ses concitoyens à la prudence.

Les Anglais ont recouvré quelques libertés, dont celles de pouvoir piquer une tête, jouer au golf ou encore retrouver ses amis dans un parc pour une tasse de thé. Après avoir rouvert ses écoles le 8 mars, l’Angleterre autorise désormais les groupes jusqu’à six personnes ou les membres de deux foyers différents à se réunir, mais uniquement dehors, jardins privés compris. La pratique de sports de plein air peut elle aussi reprendre.

Le Premier ministre britannique a dit voir dans ce “Happy Monday” l’occasion de donner le coup d’envoi d’un grand été sportif britannique, souhaitant aux personnes de tout âge de retrouver leurs coéquipiers et reprendre les activités qu’elles aiment.

Certains n’ont pas perdu une minute pour en profiter et dès minuit, des amateurs de golf se sont retrouvés au club de Morley Hayes, près de Derby, dans le centre de l’Angleterre, pour un tournoi nocturne au profit d’une association. D’autres sportifs ont nagé au milieu des cygnes dans le lac Serpentine de Hyde Park à Londres ou dans les piscines publiques découvertes, restées fermées pendant près de trois mois. Et comme pour accompagner ce “Happy Monday”, la météo s’est très nettement améliorée, offrant lundi des températures proches de celles du sud de l’Espagne à cette époque de l’année.

Autre motif de satisfaction avec cette nouvelle étape, les mariages, jusqu’ici réservés à des cas exceptionnels, peuvent reprendre, avec six personnes maximum.

La plupart des commerces non essentiels restent toutefois fermés. La réouverture très attendue des terrasses de pubs, bars et restaurants, ainsi que des coiffeurs, est prévue normalement pour le 12 avril. Boris Johnson, qui affiche depuis des semaines une tignasse blonde ébouriffée, s’est réjoui d’avance de pouvoir “enfin” arborer une nouvelle coupe et boire une bière au pub.

Les voyages à l’étranger, eux, restent interdits et ne seront autorisés qu’à partir du 17 mai au plus tôt.

Si le Premier ministre britannique a pu paraître réjoui, il a toutefois appelé ses concitoyens à la “prudence”. “Ce n’est que grâce à des mois de sacrifices et d’efforts que nous pouvons faire ce petit pas vers la liberté aujourd’hui et nous devons procéder avec prudence”, a déclaré Boris Johnson. Car si le Royaume-Uni a enregistré dimanche son plus faible nombre de nouveaux cas depuis six mois, il est selon Boris Johnson “inévitable” que la “vague” qui s’abat sur l’Europe se traduise aussi au Royaume-Uni par une hausse des contaminations, hospitalisations et décès.

Il faut ainsi continuer à “bâtir notre défense contre cette vague quand elle arrivera”, a-t-il poursuivi lors d’une conférence de presse, grâce à la campagne massive qui a permis d’administrer une première dose de vaccin à plus de 30 millions de personnes, soit presque 60 % de la population adulte. Si le déploiement du vaccin est “impressionnant”, “nous ne savons pas exactement à quel point nos fortifications sont solides contre une autre vague”, a-t-il concédé.

Le nombre de décès quotidiens dus au Covid-19 est passé en moyenne au-dessous de 100 au Royaume-uni, et les nouvelles contaminations oscillent autour de 5 000 par jour. Mais les assouplissements vont “inévitablement” entraîner une hausse des cas, ont reconnu les autorités sanitaires.

Malgré ses espoirs, Boris Johnson n’écarte pas un nouveau confinement à l’avenir. “Nous devons rester humbles face à la nature et être prêts à faire tout ce qu’il faut pour protéger” les Britanniques, a-t-il déclaré.

La police de Londres, quant à elle, a rappelé dimanche que “tout grand rassemblement” restait interdit, se disant prête à intervenir rapidement pour mettre fin aux fêtes privées et raves.

De nombreux Britanniques restent marqués par cette pandémie de Covid-19. Et malgré la course aux vaccins, le Royaume-Uni est le pays le plus endeuillé d’Europe par la pandémie avec plus de 126 500 morts et des effets dévastateurs sur son économie.

À Londres, les familles des morts du Covid-19 ont commencé à peindre une fresque composée de près de 150 000 cœurs dessinés à la main sur la rive sud de la Tamise, en face du Parlement, en souvenir des personnes décédées. Une fois terminée, la fresque devrait s’étendre sur plus d’un kilomètre.

Bereaved families have today begun the creation of a vast #COVID19 Memorial Wall, opposite the Houses of Parliament in Westminster, #London. Painting individual red hearts for each of the lives lost to the virus. 📸: Chris J Ratcliffe For Covid-19 Bereaved Families For Justice pic.twitter.com/0ER7K1gxte

Le groupe “Covid-19 Bereaved Families for Justice”, qui demande instamment au gouvernement d’ouvrir une enquête sur la gestion de la pandémie, a déclaré que la peinture murale n’avait pas pour but d’être “politique ou antagoniste” mais plutôt de fournir une “représentation visuelle” de chaque vie perdue. “À l’image de l’ampleur de notre perte collective, ce mémorial sera énorme”, a déclaré Matt Fowler, cofondateur du groupe, qui a perdu son père à cause du coronavirus.

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