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Afrique:Tensions à la frontière entre le Maroc et l’Algérie

Les habitants de Figuig, ville située à l’extrême-est du Maroc, sont en colère depuis la décision des autorités algériennes d’expulser une trentaines de fermiers marocains d’une palmeraie qu’ils exploitaient à quelques kilomètres de là, mais située du côté algérien de la frontière. Dans l’après-midi du jeudi 18 mars, des centaines de manifestants ont organisé une marche vers cette palmeraie pour protester contre la décision. Ils en veulent aussi aux autorités marocaines, qui n’ont pas contesté l’expulsion.

Le tracé frontalier entre le Maroc et l’Algérie est défini par une convention signée entre les deux pays en 1972. En vertu de cet accord, les autorités des deux pays semblent s’entendre sur le fait que l’oasis El Arja fait partie du territoire algérien. Cependant, les agriculteurs marocains ont été laissés libres d’exploiter cette palmeraie depuis les années 1990.

En février, les autorités algériennes ont demandé aux fermiers marocains de quitter cette zone dans un délai de trois jours. Après des négociations avec les autorités marocaines, ce délai a été prolongé jusqu’au 18 mars. Ce jour-là les manifestants ont finalement été empêchés d’atteindre El Arja par les forces de l’ordre marocaines, sans doute pour éviter toute friction avec la gendarmerie algérienne, qui a pris possession de la zone. La marche s’est finalement redirigée dans le centre-ville de Figuig et s’est terminée par un sit-in.

Selon le quotidien algérien El Khabar, les autorités algériennes soupçonneraient des agriculteurs marocains de vouloir agrandir ces terres, et grappiller des zones adjacentes à l’oasis El Arja.

En février dernier, des militaires algériens se sont rendus dans l’oasis, et ont demandé aux agriculteurs d’évacuer la zone. Quelques jours plus tard, une délégation d’officiels algériens s’est rendue à El Arja pour négocier l’évacuation de la palmeraie. Puis il y a eu d’autres contacts entre les autorités des deux pays, et elles se sont mises d’accord pour évacuer la zone le 18 mars. Mais les agriculteurs, eux, n’ont pas été consultés. Certains exploitants affirment même détenir des actes de propriété remontant à 1937, soit avant la création de l’État algérien.

La palmeraie El Arja, qui s’étend sur 114 hectares, compte de 10 000 à 15 000 palmiers, que les agriculteurs ont dû abandonner. S’estimant expropriés, ils réclament aujourd’hui des indemnisations aux autorités marocaines, mais aussi algériennes.

Les relations entre l’Algérie et le Maroc sont marquées par des tensions régulières. Notamment autour de la question du Sahara occidental, territoire revendiqué par le Maroc, et dont l’Algérie soutient l’indépendance. Les frontières terrestres entre les deux pays sont également fermées depuis 1994.

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