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Afrique : Les dépouilles de 24 combattants tués lors de la colonisation française sont arrivées en Algérie

L’arrivée des restes de 24 insurgés algériens tués au début de la colonisation française et remis par la France, lors d’une cérémonie militaire solennelle vendredi 3 juillet à Alger.
Recouverts du drapeau national et salués par une longue haie d’honneur, les restes de 24 combattants algériens tués au début de la colonisation française ont été accueillis, vendredi, lors d’une cérémonie militaire solennelle, à Alger.
L’État algérien a organisé, vendredi 3 juillet, une cérémonie militaire solennelle à l’arrivée des restes de 24 insurgés tués lors de la colonisation et rendus par la France. L’Hercules C-130 transportant des crânes a atterri à l’aéroport international d’Alger en début d’après-midi, accompagné par trois chasseurs de l’armée algérienne. Ils ont été lentement portés par des soldats, munis de masques sanitaires, sur un tapis rouge et au son de 21 coups de canons.
Les cercueils seront ensuite transférés au Palais de la Culture, où ils étaient exposés pendant toute la journée de samedi. Les restes doivent être enterrés dimanche, jour anniversaire de l’Indépendance, dans le carré des Martyrs au cimetière d’El Alia à Alger. Il s’agit “des dépouilles de 24 chefs de la Résistance populaire, qui ont été privés de leur droit naturel et humain d’être enterrés depuis plus de 170 ans”. Le président algérien avait salué “ces héros qui ont affronté l’occupation française brutale, entre 1838 et 1865, et que l’ennemi sauvage a décapités en représailles, avant de transférer leurs crânes outre-mer, afin que leurs sépultures ne soient pas un symbole de la résistance”. Cette restitution par la France est un signe fort d’un dégel dans les relations entre l’Algérie et l’ancienne puissance coloniale, marquées depuis l’indépendance en 1962 par des polémiques récurrentes des crispations et des malentendus. “Ce geste s’inscrit dans une démarche d’amitié et de lucidité sur toutes les blessures de notre histoire”, a ainsi déclaré, vendredi, la présidence française. “Cette histoire terrible s’est transmise de génération en génération dans les familles algériennes. Le rapport à la France est très douloureux. Il y a un mouvement mondial de réappropriation de l’histoire des peuples et la France ne peut pas passer à côté de ça”, selon un spécialiste de l’Algérie.
Ce n’est qu’en janvier 2018 que l’Algérie avait demandé officiellement à la France la restitution des crânes et des archives coloniales. Lors d’une visite à Alger en décembre 2017, le président français Emmanuel Macron s’était engagé à restituer les restes humains algériens entreposés au Musée de l’Homme, un des sites du Muséum national d’histoire naturelle. “Ces restes humains sont entrés dans nos collections d’anthropologie à la fin du XIXe siècle après différents épisodes liés à la conquête française de l’Algérie”. Parmi les combattants algériens des débuts de la colonisation les plus illustres figure cheikh Bouziane, le chef de l’insurrection des Zibans, dans l’est de l’Algérie, en 1849. Ces crânes étaient considérés comme des “trophées de guerre” par les militaires français. C’est un historien algérien, Ali-Farid Belkadi, qui a soulevé en 2011 la question de ces crânes après avoir mené des recherches au musée. Il déplorait alors que les crânes soient “calfeutrés dans de vulgaires boîtes cartonnées, qui évoquent les emballages de magasins de chaussures”. Une critique réfutée par la direction du musée.Ces dernières années, des pétitions, signées notamment par les historiens Benjamin Stora, Pascal Blanchard et Mohammed Harbi, ont réclamé le retour de ces restes en Algérie.
À la veille du 58e anniversaire de l’Indépendance, célébré dimanche, ce geste manifeste une volonté d’apaisement après la récente brouille diplomatique à propos de la diffusion d’un documentaire français sur la jeunesse algérienne anti-régime, qui a fortement déplu à Alger.
La question mémorielle reste au cœur des relations volatiles entre l’Algérie et l’ancienne puissance coloniale. Les députés algériens viennent d’adopter à l’unanimité une loi “historique” instaurant une journée de la Mémoire, le 8 mai, en souvenir des massacres de 1945 commis par les forces françaises à Sétif et dans le Constantinois.

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