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Accord post-Brexit : Les impacts sur l’économie de la France

 

Le 1er janvier 2021, le Royaume-Uni quitte effectivement l’Union européenne. Si l’accord conclu le 24 décembre protège le commerce, la France devra néanmoins se plier à de nouvelles règles plus contraignantes pour ses échanges avec le Royaume-Uni, qui reste, à ce jour, l’un de ses principaux partenaires commerciaux.  L’Union européenne perd l’un de ses États membres le 1er janvier 2021 avec la sortie historique du Royaume-Uni. Un divorce adouci par l’obtention d’un accord de dernière minute, le 24 décembre 2020, permettant notamment d’éviter la réintroduction de taxes douanières et de quotas pour les échanges commerciaux.
Pour Paris, il était primordial de protéger les échanges commerciaux. En étant un partenaire économique dans plusieurs secteurs clés comme l’aéronautique, l’automobile et la pêche, le Royaume-Uni est le premier excédent commercial de la France (12,5 milliards d’euros en 2019).
La France exporte au Royaume-Uni plus qu’elle n’importe. En sortant du marché unique, le Royaume-Uni n’est plus tenu d’appliquer les normes européennes sur les produits qu’il fabrique. Mais les produits que le pays exporte en Europe doivent toujours répondre à ces normes. Pour autant, l’impact global devrait être modéré car la dépendance économique de la France vis-à-vis du Royaume-Uni est moindre et qu’elle peut se tourner vers ses autres partenaires européens.
Des quotas sur les différents types de poissons existent déjà pour réglementer la pêche entre Britanniques et Européens dans ces zones. L’accord prévoit une période de transition de six ans pour aboutir à une baisse de 25 % du quota de l’UE. Il n’y aura donc pas de choc économique mais une évolution dans la durée. A partir de 2026, l’accord prévoit des négociations annuelles. Pour autant, le rapport de force reste le même : le Royaume-Uni exporte massivement son poisson en Europe et doit faire des concessions pour ne pas voir réapparaître des tarifs et quotas.
La construction aéronautique est le premier pôle d’échange entre la France et le Royaume Uni. Il existe une collaboration économique particulièrement forte sur ce sujet mais il s’agit d’un domaine particulier où le politique joue un rôle important. L’aéronautique fait partie des secteurs stratégiques, comme les transports et l’automobile, qui bénéficient d’un accord spécifique pour préserver les échanges. Mais cette industrie est intrinsèquement liée au militaire et, dans ce domaine, l’impact du Brexit est plus flou. Le Royaume-Uni et la France sont les deux plus grosses puissances militaires en Europe. Cette décision pourrait pousser la France, qui défend l’idée d’une défense commune pour le bloc, à augmenter ses investissements militaires.
Les échanges commerciaux avec le Royaume-Uni sont favorables à la France mais au global, ils ne représentent qu’une faible partie de son commerce extérieur : 50 milliards sur 500 milliards. Pour ce qui est de l’impact du Brexit sur ces 50 milliards, l’effet devra être mesuré dans la durée en fonction des décisions britanniques. Il faut comprendre que le Brexit est avant tout un projet idéologique axé sur une vision de la souveraineté. Il va maintenant devoir trouver un équilibre entre idéologie et réalité économique. Pour un pays comme la France qui a une faible croissance, une perte de PIB, même de 0,1 %, est forcément un problème. Mais au vu de l’ampleur de la crise sanitaire que nous traversons, cette perte paraît presque marginale.

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