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Abus sexuels dans l’Eglise : la difficile question de l’indemnisation des victimes

C’était il y a un an et demi : dans le sillage de l’affaire Barbarin, l’Église annonçait une indemnisation pour les victimes de prêtres pédophiles. Mais depuis, la mesure est au point mort, car des “divergences” sont apparues, confie-t-on au synode des évêques qui se tient depuis lundi et jusqu’à mercredi. Cette assemblée doit notamment trouver des réponses à des questions difficiles : comment réparer le mal fait aux victimes ? Quelle est la responsabilité de l’institution ? Doit-elle indemniser les 6.500 personnes qui ont déjà témoigné auprès de la commission Sauvé, chargée d’enquêter sur les abus sexuels dans l’Église

Car derrière la question du geste financier se trouve celle de la responsabilité de l’institution. Un paiement pourrait devenir un acte de repentance en tant qu’institution et c’est là que le bât blesse. D’ailleurs, la conférence des évêques n’hésite pas à citer en exemple le discours de Jacques Chirac en 1995 sur la responsabilité de la France dans la rafle du Vel d’Hiv. La question d’un mémorial est aussi à l’étude : une interview de l’historien Henry Rousso, qui travaille à un mémorial des victimes du terrorisme, sera ainsi diffusée aux évêques pendant le synode.

Mais un geste financier sans reconnaître la responsabilité de l’Église passerait mal, selon le collectif Foi et résilience, qui travaille avec les évêques. Une simple indemnité collective versée à tous n’aurait que peu de sens, d’après ce dernier. “Il faut avant tout qu’il y ait un processus de réparation, une prise en charge individuelle avec des tiers extérieurs à l’Église, des psychologues ou des soignants qui doivent évaluer les dégâts psychologiques sur toute une vie”, estime Marie-Claire Sylvestre, membre du collectif, qui a été abusée par son oncle, un prêtre, de ses 5 à ses 11 ans.

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