Zak Ebrahim : Un fils de terroriste qui a choisi de vivre en paix avec autrui

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Zak Ebrahim est un jeune Américano-Egyptien, fils d’El-Sayyid Nosair, l’un des planificateurs de l’attentat du World Trade Center de 1993. Dans un livre intitulé Le fils du terroriste. L’histoire d’un choix qu’il vient de publier en septembre 2014, le jeune homme de 31 ans raconte son histoire, ses vécus et comment il a finalement pu se délivrer du fanatisme religieux dans lequel son père le faisait baigner depuis son enfance.

Né d’un père terroriste

Zak Ebrahim est originaire de Pittsburgh, en Pennsylvanie. Sa mère est une américaine et travaillait comme institutrice en primaire. Son père quant à lui, El-Sayyid Nosair était un ingénieur égyptien. Le 9 septembre 2014, quelques mois avant les attentats de Paris, le jeune homme de 31 ans décide de sortir un livre et de le présenter lors d’une conférence TED à Vancouver. Visionnée par plus de 2,3 millions d’internautes sur la toile depuis sa diffusion, cette vidéo renferme toute l’histoire d’un jeune enfant qui a grandit sous le règne d’un père et de plusieurs oncles fanatiques qui lui ont montré un visage de l’islam radical. En 1990, alors qu’il n’avait que 7 ans, Zak Ebrahim voit son père pour la première fois enfermé derrière les barreaux d’une prison pour avoir assassiné le rabbin Meir kahane, fondateur de la ligue de défense juive. S’en suivent ensuite plusieurs arrestations pour d’autres délits mineurs. Mais ce sera également en prison qu’El-Sayyid Nosair va planifier l’attentat du World Trade Center avec l’aide d’un groupe islamistes radicaux soutenu par al-Qaïda. En février 1993, l’une des deux tours a été attaquée par une voiture piégée, tuant six personnes et faisant 1 000 autres blessés. Reconnu coupable, ce sera la dernière fois que Zak Ebrahim verra son père au-delà des barreaux de la prison.

Une enfance terrible

Après les attentats qui ont visé le World Trade Center, Zak Ebrahim a commencé à vivre un véritable enfer sur Terre. Entre les changements de nom et les fréquents déménagements qu’il a dû faire en l’espace de dix ans, le jeune homme a vécu toutes sortes d’expériences en société. Dans son livre, il confie avoir été victime d’intimidations à l’école, de harcèlement des médias, de la misère sociale voire de menaces de mort. N’ayant plus supporter la pression, il s’est replié sur lui-même et a fini par croire que la violence et l’intolérance règnent en maître en ce monde.

« En grandissant dans une famille sectaire, je n’étais pas préparé à la vraie vie, explique Zak Ebrahim. J’ai été élevé pour juger les gens sur des critères arbitraires, tels que sa race ou sa religion. »

livre

Une barrière infranchissable

Plusieurs années sont passées et à 17 ans, Zak Ebrahim participe à un groupe de travail à l’école, l’époque qui va tout changer dans sa vie.

« J’ai découvert qu’un des jeunes avec qui j’avais sympathisé était juif, explique-t-il. Je n’avais jamais eu d’ami juif auparavant, et, franchement, j’étais plutôt fier d’avoir pu franchir une barrière que, toute ma vie, on m’avait fait croire infranchissable ».

C’est en fréquentant son nouvel ami que Zak Ebrahim a fini par comprendre que les enseignements de son père n’étaient pas fonder sur les bonnes bases. Le sang d’un terroriste continue de couler dans ses veines, mais cela ne fait pas de lui un terroriste comme son père. Une théorie qu’il développe sous tous les aspects possibles dans son livre et dont la pratique continue à faire de lui un homme meilleur de jour en jour, après les événements de 1993.

« J’ai voulu montrer que la violence n’était pas un héritage religieux ou racial et qu’un fils n’était pas obligé de suivre les traces de son père. Je ne suis pas mon père…J’ai passé ma vie à chercher à comprendre ce qui avait conduit mon père au terrorisme et je me suis battu avec l’idée que son sang coule dans mes veines, écrit-il dans son ouvrage. En racontant mon histoire, j’espère donner de l’espoir et transmettre ce message: on peut être élevé dans les affres du fanatisme mais choisir la non-violence (…) Même si on vous a appris à haïr, vous pouvez choisir la tolérance. Vous pouvez choisir l’empathie ».

nosair

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