SM: La femme qui ne connait pas la peur

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Une américaine, connue sous les initiales SM, souffre d’une maladie génétique et n’a jamais ressenti la peur.

SM n’a peur de rien

Les chercheurs qui étudient son cas préserve son anonymat. Un des médecins qui s’occupent d’elle a enregistré son témoignage pour Invisiblia, dans un podcast publié sur NPR (en anglais). Elle a arrêté de ressentir la peur dans son adolescence. SM, âgée de 48 ans, n’a « vraiment aucune idée » de ce qu’est la peur. Elle a déjà été confrontée à plusieurs expériences pour tester son niveau de frayeur mais rien ne lui fait éprouver ce sentiment d’alerte et d’angoisse. Elle a même déjà été victime d’agression à plusieurs reprises. Elle en témoigne : « Je marchais en direction du magasin, et j’ai vu cet homme sur un banc. Il m’a dit de venir le voir, alors j’y suis allée et je lui ai demandé ce qu’il voulait. Il a attrapé ma chemise, a mis un couteau sous ma gorge et m’a dit qu’il allait me couper. Je lui a dit, « vas-y, attaque-moi ». Et puis il a dit qu’il allait revenir et me chasser. (…) Je n’ai pas eu peur. Pour une raison ou pour une autre, il m’a laissée partir. Et je suis rentrée chez moi. » Une autre fois, elle a été menacée avec une arme à feu mais a toujours gardé une décontraction sans pareil.

La maladie d’Urbach-Wieth

SM est atteinte de la maladie d’Urbach-Wieth, un syndrome génétique rare qui touche moins de 400 personnes dans le monde. Le trouble psychologique qui se manifeste par l’impossibilité d’éprouver le sentiment de peur est causé par le dysfonctionnement au niveau du complexe amygdalien causé par des dépôts de calcium dans le cerveau. Selon le Washinton Post, qui a reporté le témoignage, les personnes atteintes ont « une voix rauque, » qu’on peut entendre dans l’enregistrement de SM, et « des petites bosses autour des yeux ».

Le fait de ne jamais avoir peur peut représenter un danger car la personne concernée n’est pas consciente de l’ampleur de la menace d’une situation à laquelle elle est confrontée. Cependant, D’après un docteur qui suit le cas de SM, l’absence de peur représente un avantage important du fait que les événements qui se produisent dans sa vie ne laissent pas de traumatisme : « C’est très objectif. C’est parce que la situation n’était effectivement pas menaçante dans le sens où elle l’aurait été pour nous. Elle n’a donc pas eu un mauvais moment à garder en mémoire dans l’histoire de sa vie. En d’autres mots, si elle lisait son autobiographie, elle ne verrait pas en grosses lettres que c’était une mauvaise chose, parce que ce ne l’était pas au vu de ce qu’elle a vécu. Ce n’est pas comme si elle le masquait. C’est simplement qu’elle ne l’a jamais vécu. »

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