Six écrivains frondeurs refusent de participer à la remise d’une récompense à «Charlie Hebdo » du PEN American Center

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D’après le New-York Times, ce dimanche 26 avril 2015, six écrivains internationaux, dont trois américains ont décidé de boycotter le gala Annuel du PEN American Center. Un mois auparavant, cette société littéraire américaine a décidé de décerner un prix pour la liberté d’expression au magazine satirique français « Charlie Hebdo », le 5 mai 2015. Jean-Baptiste Thoret, journaliste et Gérard Briard, rédacteur en chef se verront remettre au nom de leurs collègues le « PEN/Toni and James C.Goodale Freedom of Expression Courage Award ».

Les faits remontent au 7 janvier 2015, lorsque les frères Saïd et Chérif Kouachi ont froidement abattu douze employés, dont cinq dessinateurs, en réponse aux dessins satiriques du prophète Mahomet publiés par « Charlie Hebdo ». Cet attentat sanglant avait créé une polémique en France et aux Etats-Unis, sur la liberté d’expression, notamment au niveau de la religion. En effet, la religion est un sujet tabou aux Etats-Unis.

Ces six écrivains réfractaires à la remise de la récompense au magazine satirique français sont composés de l’australien Peter Carey, du canadien Michaël Ondaatje, du britannique Taiye Selasi et des américains Francine Prose, Teju Cole et Rachel Kushner.

Peter Carey, dans un courriel adressé au magazine Times s’interroge sur le cas du PEN, qu’il estime avoir outrepassé son rôle traditionnel de défendeur de la liberté d’expression. De plus, ce détenteur de deux titres du Booker Prize estime que, « l’arrogance culturelle de la France, ne respecte pas son devoir moral à l’égard d’une grande partie de son peuple ».

Selon Peter Carey, « Charlie Hebdo » cible avec excès l’Islam et Mahomet. Quand à Rachel Kushner, elle pointe du doigt « l’intolérance culturelle de Charlie Hebdo et sa vision laïque forcée ».

Teju Cole, par ailleurs, a rédigé un article dans le New Yorker évoquant notamment « les provocations racistes et islamophobes du magazine satirique français ».

Quelque temps auparavant, le PEN American Center a souligné sur son blog qu’elle ne croyait pas, que Charlie Hebdo voulait à tout prix insulter les musulmans, mais rejetait « avec force la tentative d’une petite minorité d’extrémistes de poser des limites à la liberté d’expression ». Tout en regrettant la polémique relative à la remise du prix au magazine satirique français, Suzanne Nossel, DG de la société, confie « qu’elle respecte les convictions des frondeurs ». Le gala annuel du PEN American Center accueillera environ 800 écrivains de divers horizons, et Suzanne Nossel se désole pour les écrivains, qui boycotteront la cérémonie du 5 mai 2015.

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