Scandale de la fresque pornographique de Clermont-Ferrand : interview du Doyen de la faculté de l’Université d’Auvergne

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Une fresque polémique et hautement pornographique a été dessinée sur la salle de garde de l’hôpital par un des internes.

Cette scène représentait une orgie sexuelle entre des superhéros dont Flash, Batman, Superwoman, Superman et Wonderwoman. Les réactions fusent de tout part : certains disent qu’il y a « incitation au viol collectif », d’autres que ce dessin dénonce « un viol inacceptable ».  Des bulles de dialogue ont été balancées sur la fresque, dons les paroles dénoncent le projet de loi de santé du ministre Marisol Touraine : « Tiens, la loi santé ! », « Prends-la bien profond ! » et « Tu devrais t’informer un peu« .

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Après l’effacement de la fresque pornographique ce lundi et suite à l’audition d’un interne qui a posté la photo de la  fresque sur facebook, les médecins et les internes de l’hôpital ont uni leur force contre cette atteinte à la liberté d’expression.

Les internes et médecins qui unissent leur force en faveur de la liberté d'expression
Les internes et médecins qui unissent leur force en faveur de la liberté d’expression

« Les étudiants mettent tout sur le même plan, le cul comme les résultats aux examens »

La réaction du professeur Jean Chazal, doyen de la faculté de médecine de l’université d’Auvergne suite à cette union de force ne s’est pas fait tardé.

« Je la connaissais. Elle existe depuis quinze ans. Pour moi, le dessin originel ne représente pas un viol, mais une orgie, une partouze. Je le tolérais parce que cela restait dans un domaine privé. Mais les bulles qui y ont été ajoutées sont intolérables. Là, la signification est claire : ces bulles évoquent la loi santé. Selon les internes, la femme représentée au centre n’est pas la ministre de la Santé, Marisol Touraine, mais une interne que l’on avertit de s’informer sur la loi. Dans les deux cas, c’est infamant pour les femmes. Les internes sont des agents du service public et, à ce titre, ils ne peuvent pas tout se permettre. On ne peut pas utiliser des scènes porno pour montrer son désaccord avec une loi. Et mettre la photo de la fresque sur un réseau social public est un délit, une faute professionnelle. On a dépassé les limites. « 

« Certains me disent que le fait d’avoir effacé la fresque est inacceptable. Des affiches ont fleuri dans le CHU «Je suis la fresque». On me dit que c’est une atteinte à la liberté d’expression et que je suis un hypocrite parce que j’ai défilé après l’attentat à Charlie Hebdo. Mais cela n’a rien à voir ! Ils n’ont rien compris. Il y a une perte des repères culturels. Nos étudiants, bien que très cultivés, ont perdu le sens de la morale sociétale. Ils mettent tout sur le même plan, le cul comme les résultats aux examens. J’ai peur de la tournure que prend cet événement. Les internes vont-ils manifester ? ».

Le professeur Jean Chazal affirme qu’il n’a pas le soutien de ses collègues dans ses opinions. Il serait harcelé par des SMS, des coups de fil et de mails qui disent : « Il ne faut pas céder à la pression du ministère »; « Le cul, c’est une tradition dans les hôpitaux ».

La réaction de Michel Cymès :

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