Prison des Baumettes: quand la page Facebook des détenus fait scandale

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A croire la page Facebook des détenus de la prison des Baumettes, dans le Vaucluse, la vie carcérale est loin d’être aussi contraignante qu’on ne le pense. Pour preuve, les selfies et les clichés postés qui montrent des hommes souriants pratiquant autant d’activités interdites en prison.

Un véritable camp de vacances

En se fondant sur les images publiées sur la page Facebook « MDR o baumettes » de la célèbre prison Marseillaise, on aurait tendance à penser que le centre de détention n’est autre qu’un club de vacances. En effet, sur les selfies et autres photos en ligne, on voit des détenus tout sourire, le visage à découvert exhibant des téléphones portables, des billets de banque, de la drogue et bien d’autres encore. Pendant la semaine de Noël, ils se sont donnés à cœur joie pour poster des dizaines de clichés les montrant torse nus, en train de rouler des joints… Autant d’activités que l’on croyait proscrit dans un centre de détention. Catherine Forzi, du syndicat Force Ouvrière de déplorer dans le quotidien La Provence que « Ils ont tous des téléphones portables, le sport, l’école, des activités, la télévision avec en prime Canal + alors que la majorité des gens à l’extérieur n’ont pas les moyens de se payer l’abonnement : cela n’est plus une prison, c’est un centre de vacances ».

une des photos postées sur Facebook

Toujours d’après La Provence, la page Facebook avait cumulé jusqu’à 4 800 « j’aime » depuis sa création. Face à cette polémique autour du train de vie de ses détenus, les responsables de la prison des Baumettes ont refusé de s’exprimer mais la page Facebook a rapidement disparu de la toile. David Cucchietti, le secrétaire local de CGT, d’expliquer au quotidien que « Le problème c’est que nous ne sommes plus assez nombreux, nous le répétons depuis des années. Ils n’ont plus peur de rien, et nous, nous n’avons pas les moyens de lutter. Cette page n’a rien de valorisant pour nous, pour le travail fait chaque jour par les surveillants, mais c’est un fait, les détenus sont livrés à eux-mêmes ».

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