Obésité : un médicament expérimental capable de réduire de 30% ses masses graisseuses mis au point ?

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Une pilule « miracle » capable d’éliminer ses surplus de graisses, encore plus efficace que les activités physiques, c’est ce que promettent les résultats d’une nouvelle étude publiée dans la revue scientifique Nature Cell Biology. La pilule permet de transformer les mauvaises graisses en bonnes graisses, réduisant ainsi le risque de diabète de type 2, de cancer et de maladies cardiaques chez les personnes obèses.

Une découverte capitale, « la première étape vers une pilule capable de remplacer le tapis de course »

Les recherches, réalisées conjointement par des scientifiques de Harvard Stem Cell Institute (Cambridge, États-Unis) et de Bâle (Suisse), ont permis d’identifier deux petites molécules capables de promouvoir une conversion des cellules adipeuses blanches (« mauvaises » graisses) en cellules adipeuses brunes, des bonnes  graisses. Ces cellules adipeuses brunes, en brûlant le surplus d’énergie accumulée par l’organisme, réduisent la masse graisseuse blanche qui aurait dû se former en cas de non assimilation par l’organisme des excédents caloriques.

Si jusqu’alors, les effets des molécules administrées aux animaux disparaissaient dès l’arrêt du traitement, avec les deux composés de cette pilule, « nous avons observé une conversion stable des cellules adipeuses blanches en cellules adipeuses brunes » annonce Chad Cowan, co-auteur de l’étude.

La commercialisation du médicament pas pour bientôt

L’étude a été effectuée jusqu’ici en laboratoire sur des modèles cellulaires. Le médicament doit encore faire ses preuves, subir de nombreux tests et des modifications, avant d’arriver jusqu’à la pharmacie. Actuellement, des scientifiques allemands mènent des recherches sur l’effet de ce médicament chez des souris et espèrent avoir dans un peu de temps des résultats concluants.

Le Professeur Cowan a noté d’ailleurs que les deux composés du médicament peuvent avoir des risques sur le système immunitaire du patient puisqu’ils « ciblaient tous deux la même molécule, qui joue un rôle dans la réponse inflammatoire suite à une infection » et qu’en conséquence  « si vous les administrez sur une trop longue durée, le patient risque de devenir affaibli au niveau immunitaire ».

Mais comme il l’a fait remarquer, « La bonne et la mauvaise nouvelle, c’est que la science est lente. Etablir simplement la preuve d’un concept prend énormément de temps. Nous avons pensé que le fait de travailler à partir de cellules souches pourraient conduire à de nouvelles approches thérapeutiques, et c’est désormais ce qui est en train de se passer : une décennie de travail scientifique acharné porte ses fruits ! »

Les chercheurs, tout en étant très emballés par les résultats, ont également insisté sur le fait qu’aucune pilule anti-obésité ne saurait substituer les bienfaits de l’activité physique sur notre santé.

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