Un nouveau médicament anti-obésité bientôt sur le marché européenne

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Le médicament anti-obésité Mysimba, produit par le laboratoire américain Oréxigen Therapeutics, a reçu, vendredi, le feu vert de l’Agence Européenne du médicament (EMA) pour sa commercialisation en Europe. Une autorisation qui inquiète certains médecins compte-tenu des éventuels risques cardio-vasculaires que le médicament présente.

En vente seulement sur prescription

L’anti-obésité Mysimba contient deux principes actifs, la naltrexone, prescrit pour traiter la dépendance à l’alcool et aux opiacés et le bupropion connu pour ses effets anti-dépresseurs et utilisé également pour arrêter de fumer. Selon l’EMA, le Mysimba est réservé à des adultes obèses ou en surpoids dès lors qu’ils ont un ou plusieurs autres facteurs de risques comme l’hypertension ou un taux élevé de cholestérol. Le médicament ne sera disponible que sur prescription étant donné que les patients soumis à ce traitement, comme tous les traitements contre l’obésité, doivent rester sous haute surveillance. Ils devront donc être revus au bout de 16 semaines. Dans le cas où ils n’auraient pas perdu au-moins 5% de leurs poids, le traitement devrait être arrêté.

 Ce médicament serait-il dangereux pour la santé ?

Déjà aux Etats-unis, la commercialisation de ce médicament anti-obésité, connu sous le nom de Contrave n’a été approuvée par l’agence américaine Food and Drug Administration (FDA) qu’après plusieurs années d’hésitation par crainte d’éventuels risques cardiaques. Risques également confirmés par l’Agence européenne du médicament : en plus des effets indésirables potentiels de troubles gastro-intestinaux ou liés au système nerveux central que peuvent produire le médicament, l’EMA a admis que « des incertitudes subsistent en ce qui concernent les résultats cardiovasculaires à long terme« . Elle a toutefois ajouté que les résultats intermédiaires d’un essai clinique « sont rassurants en ce qui concerne les risques de pathologies cardiovasculaires graves » liés au Mysimba.

La revue indépendante française Prescrire n’est pas du tout de cet avis. Selon la revue, la recommandation de ce médicament « est inacceptable » et doit « être rejetée » puisque le médicament contient du bupropion (ou amfebutamone), une molécule proche des amphétamines.

« Les autorités de santé doivent tirer les leçons des catastrophes sanitaires passées, notamment celles portant sur des coupe-faims interdits par la suite sur le marché européen en raison d’effets indésirables graves » a souligné la revue.

En attendant, avant une commercialisation effective dans chaque Etat membre, le feu vert de l’EMA doit encore être formellement approuvé par la Commission européenne.

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