Népal. Des milliers d’animaux sacrifiés par des Hindouistes en l’honneur de la déesse Gadhimai

3
3463
Des hindouistes sacrifient des animaux au village de Bariyapur, à 70 km au sud de Katmandou, le 24 novembre 2009 au Népal (Photo Prakash Mathema. AFP)

En dépit des protestations d’ONG de défense des droits des animaux, des milliers d’animaux allant du buffle au rat seront décapités ou égorgés en 48 heures en l’honneur de la déesse Gadhimai.

Le village de Bariyapur, près de la frontière avec l’Inde,  sera  le théâtre ce vendredi 28 et samedi 29 novembre 2014, de ce plus grand sacrifice d’animaux au monde. Malgré les vives protestations d’ONG de défense d’animaux, des hindouistes ont commencé vendredi leurs sacrifices sur un site situé près du temple dédié à la déesse, dans un coin reculé du Népal.

« Les rituels se sont déroulés sans incident toute la matinée et nous avons maintenant commencé les sacrifices » a déclaré le prêtre Mangal Chaudhary, qui dirige la cérémonie, à l’AFP. Le rituel a été inauguré à minuit avec le sacrifice de cinq espèces d’animaux : une chèvre, un rat, un poulet, un porc et un pigeon. Les milliers de fidèles vont continuer ensuite avec les sacrifices des milliers de buffles, parqués dans un enclos avoisinant le site avant de passer à d’autres animaux.

 Des sacrifices pour la bénédiction et protection de la déesse

Les premiers sacrifices en l’honneur de la déesse hindoue Gadhimai ont été organisés il y a plusieurs siècles quand celle-ci est apparue en rêve à un prisonnier et lui a demandé de construire un temple en son honneur. Une fois réveillé, le prisonnier a été libéré de ses fers, bâti le temple et sacrifié des animaux en guise de remerciements.

Les croyants offrent des animaux à la déesse dans l’espoir d’obtenir bénédiction et protection. «J’avais demandé à Gadhimai de m’aider à régler des problèmes de propriété de ma famille et elle a exaucé mon vœu» lors d’une précédente fête, dit  Gopal Adhikari, un fonctionnaire de 36 ans, à l’AFP. Sita Ram Yadav, un paysan de 55 ans offre également une chèvre à Gadhimai pour la protection de sa famille. « Si on y croit, elle exauce vos vœux », a-t-il également dit à AFP.

 Les défenseurs des droits des animaux également sur le lieu

Présents sur place pour manifester leur réprobation, les défenseurs des droits des animaux dénoncent la barbarie de ces rites qui réunissent pourtant, tous les cinq ans, jusqu’à deux millions de personnes. Des milliers de bovidés sont amputés de leurs deux pattes arrière avant d’être décapités par plusieurs coups de sabre. Pendant la dernière édition de l’année 2009, plus de 300.000 animaux avaient été égorgés ou décapités.

Selon les défenseurs des animaux, les organisateurs veulent « tirer profit de la croyance des gens ». « Ils extorquent de l’argent au nom de droits d’entrée, de parking etc.. » déclare Manoj Gautam, président de l’ONG Animal Welfare Network Nepal, venu également à Bariyapur  pour protester contre ces rites barbares.

Craignant des affrontements entre les hindouistes et les défenseurs des droits des animaux, quelques 1.200 policiers ont été dépêchés sur place ce week-end et la vente d’alcool a été prohibée pendant les deux jours de cérémonie.

Une campagne avait été lancée pour empêcher la cérémonie d’avoir lieu avec le soutien de l’actrice britannique Joanna Lumley. Brigitte Bardot a demandé dans une lettre adressée au président népalais, de mettre fin à cette « tradition cruelle ».

Ne manquez plus aucune actualité, abonnez-vous à notre newsletter VIP.