Les survivants de Boko Haram soulèvent le voile sur ce qui n’a pas été dit

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Suite à la libération de quelques personnes des griffes de Boko Haram, quelques survivants racontent l’horreur de ce qu’ils ont vécu.

Moussa Zira, un rescapé d’un village nigérian

Allongé dans une position inconfortable, ce rescapé raconte comment il a reçu une balle à l’épaule et comment la secte islamiste a tué douze personnes de son village natal, au Nigeria.

Il raconte que sérieusement blessé, il s’est fait passé pour mort parmi les cadavres afin de ne pas subir le même sort qu’eux, avant de fuir au Tchad dans un camp de réfugié. “Les Boko Haram sont arrivés à quatre heures du matin et sont entrés dans chaque case, ils cherchaient les hommes. Ils nous ont salués puis nous ont dit de les suivre en brousse, qu’ils nous expliqueraient ensuite”. Les islamistes ont enlevés « un homme par maison ». « Il y avait un vieux parmi nous et ils lui ont dit de partir. Nous avons marché jusqu’au champ et ils ont dit à tout le monde de se coucher, face contre terre. Après avoir tiré en l’air une fois, ils se sont mis à nous tirer dessus à bout portant. Peu après, j’ai compris que la balle n’avait pas touché ma tête, mais le bras et l’arrière de la cuisse. Autour de moi, ils étaient tous morts ».

Le pasteur Yacubu Moussa

D’après ce pasteur, quand la secte est arrivée dans sa ville, celle-ci dormait. « Ils se sont mis à tirer sur tout le monde sans distinction, hommes, femmes, petits enfants, et même vieillards ». Parvenu à s’enfuir du catacombe, il revient en catimini chez lui afin de récupérer quelques effets personnels, et c’est là qu’il a constaté le désastre : « il y avait des corps qui flottaient sur l’eau. L’odeur était tellement forte qu’on la sentait de très loin, ils avaient tout brûlé, nos maisons, nos magasins, les motos aussi”.

Selon Mamadou Dian Balde, un porte parole de l’ONU basé au Tchad, « Ils (les réfugiés) arrivent avec des histoires trop dures à entendre. L’autre jour, un homme est arrivé pour se faire enregistrer, il n‘écoutait rien de ce que je lui disais, il ne faisait que pleurer: les Boko Haram ont jeté une grenade dans sa maison, sa femme et ses trois enfants sont morts sur le coup. »

Une femme fuyant les violences raconte quant à elle comment ella a survecu et surtout, comment elle a donné la vie à son bébé né quand elle fut dans la pirogue qui l’emmenait au Tchad. La femme se nomme Aisha Aladji Garb : « les militaires tchadiens ont pris soin de moi, ils m’ont fait monter dans leur camion et m’ont directement emmenée au camp où j’ai reçu de l’aide. C’est grâce à eux si mon bébé est en vie » et pour terminer, elle a surnommé son bébé Idriss Déby en hommage au président tchadien.

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