Iran. Avoir un chien passible de 74 coups de fouet

1
428

Les propriétaires de chien pourraient être bientôt punis de 74 coups de fouets ou de lourdes amendes allant de 300 à 3 000 euros environ.

32 membres du parlement ont présenté un projet de loi souhaitant faire punir le fait d’avoir des chiens chez soi ou de les promener dans la rue, rapporte le quotidien réformateur Shargh. Bien qu’une proposition de loi similaire ait été rejetée par les parlementaires il y a trois ans, les ultraconservateurs (membres majoritaires dans le Parlement iranien) reviennent à la charge.

Le texte exempte toutefois la police, les agriculteurs, les chasseurs et les pêcheurs et vise principalement les propriétaires de chiens habitant dans des appartements des grandes villes comme Téhéran.

Il prévoit également de sanctionner les presses qui diffuseront l’idée de promener les chiens ou de jouer avec eux.

Les chiens : un animal impur dans la République Islamique

Selon cette proposition de loi, « Quiconque marche ou joue avec des animaux comme des chiens ou des singes dans des lieux publics porte atteinte à la culture islamique, de même qu’à l’hygiène et à la paix des autres, en particulier les femmes et les enfants ». Le Conseil national de la Résistance iranienne a toujours considéré le fait d’avoir un chien comme une nuisance à la culture islamique et une « imitation aveugle » de la culture occidentale.

Les chiens sont inhabituels en Iran. Pourtant, depuis une dizaine d’année, avoir un chien de compagnie est perçu comme un signe extérieur de grande richesse. Les iraniens aisés se sont donc arrachés pour en avoir.

Depuis ces dernières années, bon nombre de propriétaires promenant leurs chiens dans la rue ont été stigmatisés par les autorités et leurs chiens confisqués. Selon ce texte, les chiens confisqués seront envoyés dans des zoos ou dans la forêt.

Projet de loi contesté par les partisans des animaux

Selon les partisans des animaux, ce projet de loi « participe à la vague de répression qui s’abat sur les jeunes » et représente « une nouvelle tentative de supprimer les libertés dans ce pays conservateur ».

Contestant la légalité de la répression, la société iranienne contre la cruauté envers les animaux a affirmé dans une lettre ouverte qu’ »Aucune loi ne peut interdire la possession ou le transport des chiens ».

Ne manquez plus aucune actualité, abonnez-vous à notre newsletter VIP.