Syrie : l’industrie du cigare, un produit de niche en phase de développement malgré la guerre.

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La compagnie générale du Tabac, créée en 1935, productrice de cigarettes, faisait partie des entreprises florissantes syriennes. Ses bénéfices pouvaient aller jusqu’à plusieurs millions de dollars et enrichissaient l’Etat.

Ses avoirs sont gelés, depuis 2012, par l’Union Européenne. Elle est accusée de fournir un soutien financier au régime syrien, à l’instar de nombreuses compagnies publiques.

D’après le directeur de l’usine, Chadi Moualla, pour compenser les pertes financières subies par l’embargo et le gel des avoirs, la décision d’élaborer un nouveau produit sans expertise étrangère a été prise. Il fustige, par ailleurs, la guerre économique menée par les Occidentaux à la Syrie.

Les plants de tabac sont cultivés à Lattaquié, chef-lieu de la province et bastion du président syrien Bachar-al-Assad.

Pour être en conformité par rapport aux normes internationales, trois années de test ont été nécessaires.

Ce nouveau projet entraînera la création de 1 000 emplois dans le pays. La Syrie est détruite par un conflit larvé qui a enregistré plus de 215 000 victimes, et a mis à terre l’économie, analyse le directeur général de la compagnie, Nasser Abdallah.

Une industrie remise sur les rails

Dans une grande salle, les 130 ouvrières et six hommes s’activent sous les portraits du président Bachar-al-Assad et de son père décédé. Ces employés trient, tassent et roulent les feuilles de tabac brun.

Actuellement, quelques 500 cigares par jour sont fabriqués. Même, si au départ, l’apprentissage était laborieux. Selon une ouvrière, Oum Ali, trois années lui ont été nécessaires pour apprendre à la perfection, l’art de rouler les cigares, alors qu’elle était plutôt habituée à faire des feuilles de vignes farcies. Oum Ali, qui a appris son métier grâce à internet, est fière actuellement du cigare 100% syrien qu’elle contribue à fabriquer.

Quelques exemplaires sont pour l’instant, diffusés à des personnalités pour tester le goût et la qualité.

L’ingénieur Houssam Mahmoud ambitionne de « défier l’embargo en créant un produit rentable, tout en faisant travailler la main-d’œuvre ».

Selon le directeur adjoint, Salmane al-Abbas, l’entreprise lancera ses cigares sur le marché intérieur, et tentera d’exporter vers des pays amis tels l’Iran, la Russie, la Chine, et en Afrique.
Ces pays soutiennent, effectivement, le régime de Damas depuis quatre ans. Même si le cigare demeure un produit de riche en Syrie, Salmane al-Abbas s’attend à ce que le cigare syrien puisse concurrencer les cigares cubains, dans le futur.

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