Une lettre adressée à François Hollande pour autoriser l’euthanasie d’une jeune fille souffrant de plusieurs cancers

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Carole Verdin, une jeune responsable d’une crêperie à Arras (Pas-de-Calais) a envoyé une lettre au président français François Hollande dans laquelle elle le supplie d’autoriser l’euthanasie de sa sœur de 21 ans. Cette dernière souffre de plusieurs tumeurs, est aveugle, respire à l’aide d’appareils, est tétraplégique et mange avec assistance.

Une bataille qui a duré 15 ans

Elza, la petite sœur de Carole Verdin est hospitalisée au CHU Roger Salengro à Lille depuis plusieurs mois. Elle souffre de nombreux maux dont une neurofibromatose – une maladie génétique grave, a fait un AVC en novembre dernier et est aussi atteinte de plusieurs cancers. Son calvaire a tellement duré que sa grande sœur pense qu’elle mérite largement de partir en douceur vers la mort.

« Elle est muette, aveugle, tétraplégique, respire artificiellement, mange avec une assistance…Quel est l’intérêt de la garder comme ça?, tonitrue-t-elle. J’adore ma soeur, je ne veux vraiment pas la voir partir mais là c’est monstrueux ce qu’elle vit. Elle a plusieurs tumeurs et souffre énormément, ne peut plus parler, ni à peine respirer. Les médecins lui donnent des anti-dépresseurs sinon elle pleure et panique dès qu’elle se réveille. Depuis le 8 décembre, les médecins savent qu’elle ne pourra pas être sauvée. C’est un supplice de la voir souffrir…Il n’y a même pas de place pour elle en soins palliatifs. »

Une lettre changera-t-elle la loi ?

En envoyant sa lettre à l’Elysée, Carole Verdin espère toucher le cœur de François Hollande sans espérer pour autant changer la loi déjà en vigueur à cet effet dans le pays.

« Je n’accepte pas du tout de la voir agoniser et de la voir approcher la mort petit à petit en étant consciente, écrit la jeune femme au président. C’est juste affreux. (…) Avant, la mort de ma soeur était inimaginable et insurmontable. Malheureusement, la maladie en a décidé autrement, je dois l’accepter. Elle a un coeur de 21 ans, les médecins disent que ça peut être long. (…) Nous ne sommes pas égoïstes. Je ne veux pas d’une vie sans elle mais je suis obligé de l’accepter. Je voudrais seulement qu’elle parte en paix. Je sais que je ne vais pas changer les lois avec une lettre mais mon cas ne doit pas être isolé. Quand on y est confronté, on comprend vite pourquoi ça provoque de tels débats. (…) J’aimerais tant qu’elle s’endorme doucement, qu’elle ne se rende pas compte qu’elle est au bout de sa vie, que tout est fini. Se battre contre le cancer pendant 15 ans et se voir mourir à 21 ans tout doucement et en souffrant: c’est un drame, c’est bouleversant. »

Le service courrier de l’Elysée n’a pas encore confirmé avoir reçu la lettre envoyée par Carole Verdin.

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