Etats-Unis : victime d’une erreur judiciaire, un condamné à mort retrouve la liberté après 39 ans de prison

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En 1975, Ricky Jackson a été condamné à mort sur la foi du faux témoignage d’un enfant de 12 ans. Près de 40 ans plus tard, le même témoin devenu adulte se rétracte et avoue qu’il n’a jamais rien vu du crime.

Un procès sur fond de racisme

Cet Afro-américain de 57 ans a été accusé du meurtre d’un homme qui collectait les recettes d’une épicerie. Avec deux complices, il aurait jeté de l’acide sur la victime, l’aurait frappé avant de le tuer de deux balles. Le tireur avait gravement blessée l’épouse du propriétaire du magasin. Tombé sous le coup d’une condamnation à mort, il ne doit sa survie qu’à un vice de procédure et à l’abolition de la peine capitale en Ohio (une sanction qui a été rétablie depuis). Au moment de son procès, le principal témoin, Eddie Vernon, était âgé de 12 ans. Il se trouvait à l’intérieur d’un bus scolaire non loin du lieu du crime quand les coups de feu ont éclaté. Sous la pression de la police, le jeune garçon qu’il était à l’époque a du identifier des hommes qu’il n’a en fait jamais vu.

« J’étais un enfant noir du quartier, pauvre et sans éducation. Un homme blanc avait été tué. Je ne connaissais rien du système judiciaire. Pensez-vous vraiment qu’à 12 ans, je pouvais faire face à ces policiers qui me criaient au visage ? », disait-il en larmes au tribunal, quand il est venu se rétracter formellement devant un juge.

Nouveau record dans un cas d’erreur judiciaire

Libéré le 21 novembre, Ricky Jackson qui a toujours clamé son innocence détient aujourd’hui le triste record de la personne innocentée ayant passé le plus de temps derrière les barreaux. Son avocat, Me Mark Godsey rappelle : « La dernière fois que Ricky a goûté à la liberté, le timbre coûtait 10 cents, Gerald Ford était président (…) et Billie Jean King gagnait Wimbledon ». A la sortie du tribunal, l’innocenté déclare qu’il n’éprouve aucune « animosité » envers Eddie Vernon : « Les gens le voient comme un adulte aujourd’hui mais en 1975 c’était un môme de 12 ans et il était manipulé et forcé par la police qui l’a utilisé (…) », déclarait-il. En recouvrant sa liberté, Ricky Jackson se retrouve aujourd’hui sans argent ni travail, sans vêtements pour l’hiver, selon l’Ohio Innocence Project qui compte l’aider en attendant un éventuel dédommagement de l’Etat.

Le cas de Ricky Jackson rappelle le cas d’un autre Noir américain, Glenn Ford également condamné à la peine capitale en Louisiane, par un jury composé uniquement de Blancs. Il a été libéré en mars après avoir passé 29 ans en prison, à la lumière de nouveaux éléments qui l’innocentaient.

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