A cause d’une erreur de diagnostic, un homme a été traité à tort pour Alzheimer pendant 10 ans

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Les médecins se sont trompés pendant dix ans, l’homme qu’ils traitent pour Alzheimer n’est pas atteint de cette maladie. Il souffrait seulement d’un trouble cognitif suite à d' »anciens traumatismes crâniens ».

Un faux diagnostic lourd de conséquences

Venu consulter pour des pertes de mémoires et de vertiges, René a été diagnostiqué atteint de la maladie d’Alzheimer par le CHU de Nancy en 2004.

« Avoir Alzheimer lorsqu’on n’a qu’une quarantaine d’années (…), je l’ai ressenti comme une catastrophe. Je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose pour ne pas être un légume ni un poids. Mais je n’en ai pas eu le courage » a-t-il raconté au quotidien Le Républicain Lorrain.

« Ce qui est dramatique c’est qu’un homme a été soigné pendant dix ans pour Alzheimer, avec toutes les conséquences socio-professionnelles que cela implique (…). Il a perdu dix ans de sa vie, dix ans d’angoisse » a déclaré son avocat Me Jean-Christophe Duchet.

En effet, déclarée inapte après ce diagnostic, la victime a perdu son emploi et restait cloîtrée chez elle. Pour son traitement, elle consommait toute sorte de médicaments aux effets secondaires dangereux (état dépressif, vomissements, nausées, problèmes de mémoire…).

Un état anormalement stable

« Chaque année, les mêmes tests répétés à Nancy délivrent la même réponse. Pourtant, l’état de santé de René ne se détériore pas », rapporte le quotidien. C’est seulement en 2012 qu’une femme médecin, remplaçante de son neurologue habituel, intriguée par l’état étonnamment stable du patient, a découvert l’erreur de diagnostic. Elle lui fait arrêter le traitement mais il a fallu encore deux ans à la victime pour être totalement convaincue qu’elle n’est pas atteinte d’Alzheimer.

L’avocat de la victime va prochainement saisir un juge administratif pour solliciter une expertise judiciaire afin de déterminer s’il y a eu faute médicale ou non. Une procédure de conciliation a été mise en place avec le CHU de Nancy. Selon toujours Me Duchet, l’explication fournie par l’hôpital est qu’ »en l’état des connaissances en 2004, on ne pouvait pas faire autrement que de poser le diagnostic d’Alzheimer« . Etonné de cette réaction, l’avocat de remarquer qu' »en dix ans les données médicales ont considérablement évolué sur cette maladie » alors que le diagnostic, lui, « n’avait pas été remis en cause« .

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