Dépression chez les adolescents : repérage et prise en charge

0
386

On estime que 8% des adolescents entre 12 et 18 ans souffrent de la dépression et qu’un tiers d’entre eux ferait une tentative de suicide.  Face à cette situation, la Haute Autorité de Santé (HAS) a publié, mardi 16 décembre, des recommandations à l’endroit des médecins généralistes pour les aider à mieux repérer cette dépression chez les jeunes et à proposer une prise en charge adaptée à chaque cas.

Bien différencier la dépression de la déprime

Souvent, la dépression chez les ados est assimilée à la crise d’adolescence ou à la déprime. La déprime est une situation passagère normale (morosité, instabilité émotionnelle…) et ne présente pas une répercussion significative sur le fonctionnement du quotidien, relationnel ou scolaire de l’adolescent. Toutefois, elle doit être surveillée car elle constitue un facteur de risque vers la dépression. Par contre, « la dépression (ou épisode dépressif caractérisé) se traduit par des symptômes réellement dépressifs : troubles de l’humeur, du cours de la pensée, troubles physiques et instinctuels, cognitions négatives et idées suicidaires. Ces symptômes s’inscrivent dans la durée et entraînent une souffrance cliniquement significative et un retentissement sur le quotidien de l’adolescent », précise la HAS.

Établir le bon diagnostic

Les symptômes de la dépression chez les adolescents passent souvent inaperçus.  Établir un bon diagnostic sera de ce fait difficile et demandera du temps. De plus, à part les symptômes, le médecin soignant doit établir une vraie relation de confiance avec l’adolescent pour que ce dernier puisse exprimer son ressenti et participer à la thérapie. C’est d’ailleurs pour cette raison que la HAS a adressé ses recommandations aux médecins généralistes : « ce sont les médecins de famille, qui connaissent bien l’adolescent, qui connaissent bien son histoire personnelle et familiale. Ce sont donc ces professionnels qui sont les plus à même d’identifier et de repérer cette dépression » explique Michel Laurence, responsable des recommandations de la Haute autorité de santé (HAS).

« Pour établir le diagnostic de dépression, les symptômes doivent durer au moins 15 jours et être au minimum au nombre de cinq, comprenant un des deux symptômes cardinaux : humeur dépressive (ou irritable) ou perte d’intérêt (ou de plaisir). Le médecin évaluera l’intensité de la dépression (légère, modérée ou sévère) et ses caractéristiques symptomatiques (mélancolique, atypique, anxieuse, mixte, psychotique). » , a précisé la HAS.

Une prise en charge adaptée à chaque cas

Le traitement sera instauré en fonction de la sévérité de la dépression.

La HAS recommande de diriger d’abord l’adolescent en souffrance vers une psychothérapie avant de lui prescrire si nécessaire des médicaments, après 4 à 8 semaines de psychothérapie si les symptômes persistent.

En cas de symptômes complexes, de complexité du diagnostic, d’une difficulté dans la relation thérapeutique ou sur demande du patient, le généraliste peut orienter son patient vers un (pédo)psychiatre.

L’hospitalisation  ne sera envisagée que pour certaines situations graves : risque de passage à l’acte suicidaire ou présence d’un contexte familial défavorable. D’ailleurs, sauf en cas d’urgence, seul un (pédo)psychiatre sera apte à déterminer la nécessité de cette alternative.

Ne manquez plus aucune actualité, abonnez-vous à notre newsletter VIP.