« Dans la peau d’une djihadiste » ou la révélation choc d’une journaliste qui a joué le jeu de l’Etat Islamique pendant un mois

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Une enquête risquée mais qui a aboutit à la publication d’un livre entier sur le groupe terroriste Etat Islamique grâce au courage d’une jeune journaliste qui s’est glissée « Dans la peau d’une djihadiste » pendant un mois.

Anna Erelle se fait passer pour Mélanie

Depuis des mois, un grand nombre de jeunes chiffrés à des centaines rejoignent les rangs des djihadistes en Syrie et en Irak. Le groupe terroriste Etat Islamique de leur côté, ne cesse de recruter en usant tous les moyens possibles dont notamment les réseaux sociaux. Sur Facebook, Anna Erelle, une journaliste a décidé de jouer le jeu en acceptant d’échanger des messages avec un combattant haut placé dans la hiérarchie de Daech. Le terroriste Abou-Bilel, un djihadiste de 38 ans, basé à Raqqa, le fief de l’EI en Syrie ne s’est douté de rien jusqu’à ce que la jeune femme décide de couper les ponts de manière définitive au bout d’un mois.

Un déguisement réussi

Anna Erelle a commencé à discuter avec Abou-Bilel en avril 2014 quand celui-ci s’est présenté à elle comme un recruteur du groupe EI. Au premier contact, il lui demande si elle est musulmane et l’invite déjà à participer à la guerre sainte. De Facebook, ils sont très vite passés sur Skype où le jeune terroriste avait demandé à voir le visage de la jeune journaliste via une webcam. Bien sûr pour jouer le jeu à fond, Anna Erelle décide de porter un hijab, rajeunit sa voix et utilise des expressions arabes. Pensant tenir une nouvelle recrue prête à s’engager, Abou-Bilel ne fait guère attention aux nombreuses fautes d’orthographe que la jeune femme fait au cours de leurs discussions.

Un terroriste bien dans sa peau

Au bout de quelques semaines, Abou-Bilel avait fini par décrire quelques scènes horribles qui se déroulaient sur les terrains de combats. Lui qui se définit comme un recruteur, un questeur et aussi un fervent combattant, n’a pas hésité à confier à la jeune journaliste de 20 ans qu’il aimait bien couper des têtes. Anna Erelle a aussi fini par découvrir plus tard qu’Abou-Bilel n’était pas un terroriste ordinaire. Il était le bras droit d’Abou Bakr al-Baghdadi, chef de l’organisation de l’EI. Il finit également par lui raconter ses débuts au sein du groupe EI, son ancien nom et toute l’aventure qu’il a vécu depuis les débuts de l’année 2000 où il s’est radicalisé et a quitté la France.

Un terroriste amoureux

Derrière l’écran de son ordinateur, Anna Erelle continue de jouer la comédie pendant plusieurs jours. A plusieurs reprises, Abou-Bilel lui a mis la pression en l’invitant à le rejoindre. Il finit même un jour par lui demander de l’épouser. Mélanie a donc gagné la partie, le terroriste est tombé amoureux d’elle alors qu’elle arrivait au bout de son enquête. Grâce à leurs discussions, la journaliste a pu recueillir de nombreuses informations pertinentes qui l’ont amené à écrire un livre. Dans celui-ci, on découvre même les phases d’initiation des jeunes recrus à leur arrivée en Syrie. Entre cours de langue le matin et cours de tir l’après-midi, une nouvelle recrue pouvait être placée au bout de semaines. Soit elle rejoint le fort pour combattre, soit elle s’occupe de l’espionnage ou du recrutement.

Des menaces de mort

Le mois de l’enquête terminé, Anna Erelle décide subitement de couper le pont avec Abou-Bilel et publie son article au mois de mai. Bien évidemment, les risques étaient énormes et Anna Erelle s’est bien doutée qu’à Raqqa, ils finiront par découvrir qu’elle n’était pas celle qu’elle prétendait être. A partir de ce jour, la journaliste recevait des menaces de mort et une fatwa avait même été lancée contre elle. Partout sur les réseaux sociaux, des messages accompagnés d’une photo d’elle ont été publiés ordonnant tous les frères musulmans du monde entier de la tuer.

Une clandestine qui craint les représailles

Anna Erelle affirme neuf mois après son enquête qu’elle ne vit pas dans la peur mais craint surtout les représailles. La journaliste vit désormais en cachette de famille en famille et parfois chez des amis. Pour la protéger, ses employeurs ont décidé de publier son livre sous un pseudonyme. Abou-Bilel quant à lui est certainement mort à l’heure actuelle, d’après Anna Erelle, mais rien n’est moins sûr.

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