Claudia Priest : Libérée par ses kidnappeurs, l’humanitaire française raconte son vécu en Centrafrique

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Enlevée puis retenue en otage en Centrafrique, lundi 19 janvier, par des miliciens chrétiens anit-balaka, l’humanitaire française Claudia Priest a été libérée vendredi 23 janvier après avoir vécu un enfer dans la brousse.

Frappée et menacée de mort

Au micro de France 2, Claudia Priest, envoyée en mission de deux semaines pour le compte de l’ONG médicale catholique Codis (Coordination diocésaine de la santé) en Centrafrique, a confié avoir été frappée et menacée de mort par ses ravisseurs.

« Ils étaient vraiment très menaçants, ils avaient les armes, ils avaient les poignards, ils avaient les machettes, et ils me disaient : ‘On va te tuer, on va t’égorger, on va te tuer' »

Au milieu de nulle part

Arrivée sur les lieux le mardi 6 janvier, elle avait été enlevée avec un employé centrafricain de la même ONG (également libéré). Ils ont ensuite été emmenés dans le quartier Boy-Rabe, fief des anti-balaka, avant d’être déplacés à une quinzaine de km dans la brousse, à l’arrière de ce quartier.

« Je suis contente d’être sortie de cette brousse qui était oppressante, explique-t-elle sur France 2. On était au milieu de nulle part sans pouvoir communiquer. Il n’y avait pas de réseau, ni rien. Et je me disais que s’il arrivait quelque chose, très loin de tout, de tout hôpital, là ça va être très difficile… »

Après la violence et la peur, le soulagement et les retrouvailles

Sa libération ainsi que celui de l’autre employé centrafricain de l’ONG lui a été d’une très grande surprise. Claudia Priest n’y croyait vraiment plus qu’elle n’a pas pu s’empêcher de se jeter dans les bras de l’archevêque de Bangui Monseigneur Nzapalainga au moment de sa libération.

« Ça m’a choquée, quand on m’a kidnappée, la façon brutale dont on m’a kidnappée. On m’a frappée à la tête, on me serrait tellement les bras que j’en ai des bleus. Je suis tombée, on m’a traîné au sol…Ensuite nous avons marché, sur au moins 15 km, nous avons marché des heures et des heures, ils m’ont mis quelque chose pour qu’on ne reconnaisse pas que j’étais française…La libération a été un grand soulagement…Je n’y croyais pas du tout. C’est simplement quand j’ai vu Monseigneur Nzapalainga (l’archevêque de Bangui), (…) je l’ai pris dans mes bras, il m’a pris dans ses bras, là j’ai dit: ‘c’est bon’.

Les émotions étaient aussi au rendez-vous au moment des retrouvailles avec sa famille venue l’accueillir à son retour.

« Il y avait aussi ma fille, mes petits-enfants, et j’étais vraiment très très émue, surtout pour mes petits-enfants qui se faisaient déjà du souci avant mon départ ».

Transférée en France dimanche 25 janvier à bord d’un avion de la République, Claudia Priest est désormais hors de tout danger après son enlèvement.

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