Etats-Unis : Abercrombie & Fitch condamnée par la haute cour pour discrimination religieuse à l’embauche

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Ce lundi 1er juin 2015, la Cour Suprême des Etats-Unis a donné tort à la célèbre marque du prêt-à-porter Abercrombie, réputée pour ses vendeuses « sexy ». Cette sentence fait suite à un refus d’embauche d’une femme voilée. Huit magistrats sur neuf ont jugé favorablement, pour la jeune femme, car ils ont estimé intolérable la discrimination religieuse à l’embauche, et ce même si la candidate n’avait pas fait une demande d’aménagement du règlement intérieur.

Lors d’une audience en date du 25 février 2015, la Cour a plaidé en faveur de Samantha Elauf, 17 ans, qui était voilée de noir lors d’un entretien d’embauche dans une boutique d’Abercrombie pour enfants à Tulsa, dans l’Oklahoma, au sud des Etats-Unis.

Cette postulante, épaulée par l’Agence gouvernementale pour l’égalité devant l’emploi (EEOC), avait déjà acquis 20 000 dollars de dommages et intérêts en première instance, avant d’être déboutée en appel. L’EEOC, avec l’appui de nombreuses organisations religieuses, a présenté le dossier devant la Cour Suprême.

En effet, l’EEOC estime qu’Abercrombie aurait dû demander à la candidate « si elle était capable de s’adapter », étant donné qu’elle est musulmane. Pour sa défense, Abercrombie affirme que la candidate à l’embauche, n’avait spécifié sa confession, ni fait une demande d’adaptation de tenue.

La Cour Suprême affirme dans son jugement « qu’un patron ne peut faire de la pratique religieuse d’un postulant un facteur de refus d’embauche ». Selon le juge Antonin Scalia, dans ce cas précis, l’employeur a supposé que le port du foulard était de nature religieuse et a refusé l’embauche. La Cour a ainsi conclu qu’il y avait lieu de dénoncer une discrimination religieuse.

Selon un expert Michael Droke, aux Etats-Unis, la loi interdit la discrimination religieuse à l’embauche, sauf si l’employeur ne peut « aménager raisonnablement son activité, pour la conformer à une pratique religieuse ».

D’après Michael Droke, également avocat en droit du travail, désormais, les employeurs sont amenés à revoir leurs règlements pour déceler les dispositifs potentiels de discrimination, car la Cour Suprême « enlève la nécessité pour le patron d’être informé d’un aménagement de ses codes pour s’adapter à une pratique religieuse ».

Abercrombie, après l’audience du 25 février 2015, a décidé d’adapter une autre tenue vestimentaire pour ses vendeurs, qui adoptent un style sobre.

Quand à leur appellation, ils passent du précédent titre de « mannequins » à « représentants de la marque ».

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