Brésil : après l’affaire Petrobras, Itaborai est désormais une ville sans âme

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Itaborai, autrefois prospère, grâce à l’installation, sept ans auparavant, de l’immense raffinerie Comperj du géant pétrolier Petrobras, est devenue actuellement une ville sans âme.

Cette ville qui ressemble davantage à une ville fantôme, ne compte plus que des milliers d’ouvriers au chômage, pour un total de 250 000 habitants, dont 70% de SDF, tous des ex-travailleurs du chantier.

L’affaire Petrobras et les licenciements massifs

Sept ans plus tôt, Itaborai, sis à 45 kilomètres de Rio, arborait de nouveaux aménagements tels des constructions de centres commerciaux, des hôtels et des immeubles flambants neufs.

Mais le scandale de l’affaire Petrobras a éclaté au grand jour. Pour financer des partis politiques, des dirigeants hauts placés de Petrobras ont perçu des pots-de-vin, provenant des entreprises en contact avec Petrobras, pour la construction de la raffinerie. En échange des dessous de table, ces entreprises bénéficiaient de contrats privilégiés. Pendant dix ans, quatre milliards de dollars auraient été détournés, d’après les autorités. Petrobras doit à la fois réviser ses comptes, diminuer les investissements et suspendre les contrats avec les entreprises suspectées par la justice brésilienne.

Le chantier de la Comperj réalisé à 82,5% pour une valeur d’environ 13,2 millions de dollars, est à l’arrêt.

Le Parti des travailleurs de gauche (ou PT) est touché par ce scandale. Cependant, malgré la poursuite en justice de 49 personnes, parmi lesquels 13 sénateurs, 12 députés, 2 gouverneurs en exercice, aucune condamnation n’est prononcée pour l’heure.

De leur côté, les ouvriers sont en grande majorité au chômage.

Le licenciement : la sanction maximale pour les ouvriers de Petrobras et ses sous-traitants

Le chantier d’Itaborai compte 9 500 ouvriers contre 35 000 en 2013. Petrobras affirme que les licenciements étaient prévus dans l’agenda du chantier.

Un des sous-traitants de Petrobras, Alumini, accumule également les pertes d’emploi. Cette entreprise, en redressement judiciaire, réfute les accusations de corruption, ne règle pas les salaires des employés, et n’accepte pas de signer les documents nécessaires pour que ces derniers puissent rechercher un nouvel emploi. Alumini compte 2 500 individus en attente de licenciement.

Les propriétaires d’hôtels figurent parmi les victimes de ce scandale de corruption et de licenciement massif. A l’instar de Marco Paulo Pires da Silva, 33 ans, propriétaire d’un hôtel et de deux succursales, qui hébergeait les ouvriers d’Alumini en majorité, pour un taux de remplissage de 95%. Il est actuellement obligé de vendre les meubles, pour pouvoir verser les salaires de ses derniers employés, et l’électricité est coupée. Son établissement fermera ses portes au 1er avril 2015.

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