Au tribunal, Dieudonné assume complètement son « Je me sens Charlie Coulibaly »

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Quand la procureure l’a interrogé sur ce qu’il voulait dire avec son: « Je me sens Charlie Coulibaly » qu’il a lui-même posté sur facebook, Dieudonné crée de nouveau la controverse.

Dieudonné voulait une « parole de paix ». « Je suis Charlie, cela ne suffit pas »

En répondant aux questions, Dieudonné « condamne sans aucune retenue ni ambiguïté les attentats » et assure qu’il est tout à fait Charlie, ayant même perdu un ami dans ces mêmes attentats.

Le procureur l’interroge de nouveau: « Pourquoi donc ajouter « Coulibaly » à la formule, en référence à l’auteur des attaques de Montrouge et de la porte de Vincennes ? » Ce à quoi il répond: « Je voulais une parole de paix, je suis dans une recherche de paix. Je suis dans l’inspiration qui m’est la plus chère, le catholicisme chrétien. La paix du Christ, c’est être entre la victime et le bourreau, c’est ‘aimez-vous les uns les autres’. La paix, c’est ‘Je me sens Charlie Coulibaly’. ‘Je suis Charlie’, ça ne suffit pas. »

Selon le prévenu donc, ce « Je me sens Charlie Coulibaly » est un « gage de paix ». Il estime aussi que le public en général n’arrive pas à saisir le sens profond de son message, message qui a été mal interprété et résumé par un « Je suis Coulibaly ». « C’est toujours la même défense avec vous : on n’aurait rien compris », dénonce la partie civile.

Coulibaly et Kouachi, une allusion personnelle à sa vie

Quant à l’emploi des noms Coulibaly et Kouachi dans ses posts empoisonnés, Dieudonné donne une explication pour le moins personnelle et y fait même entrer une allusion à Clarissa Jean-Philippe, une policière tuée à Montrouge: « Clarissa était jeune et antillaise, elle ressemblait trait pour trait à ma fille. Coulibaly était noir et a tiré dans le dos de ma propre enfant, voilà pourquoi j’ai choisi de citer Coulibaly. Il n’y a jamais eu de volonté de ma part de faire l’apologie du terrorisme ».

Évidemment, cette explication n’émeut nullement la partie civile: « S’il n’a pas dit ‘Je suis Charlie Kouachi’, c’est parce que les Kouachi n’ont pas tué de juifs », rappelant que Dieudonné a été déjà jugé pour propos antisémites.

Une envie d’être sous les feux des projecteurs

La procureure, Annabelle Philippe ne semble pas non plus convaincue par les dires de Dieudonné: « Venir nous dire qu’apposer les noms Charlie et Coulibaly est un message de paix évident pour tout le monde le soir du 11 janvier est une provocation ».

La représentante du Ministère public voit dans les actions de l’humoriste des manigances visant à « choquer et attirer l’attention«  afin de « revenir au centre du débat ». Elle ajoute notamment que les victimes de Coulibaly étaient de confession juive et que « quand on donne la même place à tous les morts, on donne aussi un statut de héros aux terroristes, puisque la marche a présenté les victimes comme des héros ».

Par contre, selon l’avocat de Dieudonné, l’idée n’était pas de mettre Amedy Coulibaly sur un piédestal. Selon lui, son client a juste voulu « lui restituer sa stature d’homme. Qui mieux que Dieudonné peut comprendre cette situation, lui qu’on désigne comme un rebut de la société et que l’on traite comme un terroriste, avec 81 procédures judiciaires en six mois ? » Dieudonné est juste coupable d’« aimer ses ennemis ».

L’affaire sera délibérée le 18 mars.

 

 

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