Attentat de Tunis : Témoignage du frère de Yassine Laabidi, un des tueurs du musée du Bardo

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Yassine Laabidi a été identifié par les autorités tunisiennes comme l’un des assaillants qui ont perpétré l’attentat du 18 mars dernier au musée du Bardo, à Tunis. L’attaque a fait une vingtaine de morts ainsi qu’une quarantaine de blessés grave. Revenu sur cet attentat dont son frère a été un des cerveaux, le frère de Yassine Laabidi a confié que rien de ses gestes ni de son comportement peu de temps avant ce drame ne présageait ce qui allait se produire par la suite.

Il a insulté les auteurs de l’attaque

Suivant les événements ce jour-là à la télé, le grand frère de Yassine Laabidi (qui a préféré garder son anonymat) avait proféré des insultes envers les tueurs sans savoir que son frère était impliqué.

« En regardant ce qui se passait au musée, je n’arrêtais pas d’insulter les tueurs et de les traiter de tous les noms, sans jamais penser que mon frère était impliqué. »

La surprise était vraiment de taille car peu de temps avant ce drame, Yassine Laabidi prenait encore le petit déjeuner en famille. Rien de spécial ne s’était passé, il a pris des dattes, du pain et de l’huile d’olive comme tout le monde, puis s’est rendu à son lieu de travail, dans un agence de voyage. Le site tunisien Kapitalis a rapporté que ses supérieurs hiérarchiques n’ont également constaté rien d’anormal au bureau. Il avait juste demandé la permission de quitter son travail vers 10 heures pour probablement se rendre directement au Bardo par la suite.

Sous le choc

Dans l’après-midi du 18 mars, les policiers sont venus frapper à la porte de la famille de Yassine Laabidi, leur rapportant que le jeune homme a tué une vingtaine de touristes à Tunis. Sous le choc, son grand frère n’arrivait pas à y croire, tellement rien ne présageait ce qui allait arriver.

« Je ne réalise pas encore que mon frère est mort, qu’il est impliqué dans cette histoire, toute la famille est dans l’incompréhension. Yassine était un jeune aimable, chaleureux, beau gosse, intellectuel, qui n’avait rien en commun avec les djihadistes… C’est un choc, je ne comprends rien du tout. »

Un bon vivant

Dans ses confidences, le grand frère de Yassine Laabidi a décrit ce dernier comme « un bon vivant », quelqu’un de « bien sous tous rapports » et qui aimait s’amuser avec sa famille et ses amis.

« Mon frère était un bon vivant, il aimait bien s’habiller et être bien entouré par les amis et la famille, il n’avait aucun complexe, il rigolait avec tout le monde, même avec ses amis en train de picoler… »

Son intérêt pour la religion datait de janvier 2011, selon ses proches, mais même en allant souvent prier au mosquée el Faleh, à quelques centaines de mètres de sa maison, il ne laissait jamais paraître qu’il attachait de l’importante aux extrémistes.

Son séjour en Lybie

Alors que les autorités tunisiennes ont confirmé que les deux assaillants Yassine Laabidi et Jabeur Khachnaoui ont été entraînés au port d’armes en Lybie, les proches de Yassine Laabidi ont été informées différemment. Son frère a confié qu’il était parti de chez lui en décembre 2014, pour se rendre à Sfax (sud de Tunisie) pendant 27 jours. Son cousin Walid a par contre confié que Yassine Laabidi avait parlé d’un séjour balnéaire qu’il allait passer en compagnie de sa petite-amie, à Djerba. Interrogé sur ce qu’il pense de ce revirement de situation, le grand frère de Yassine Laabidi a déclaré que son frère a été victime d’un lavage de cerveau.

« Il est victime à 100%, victime d’un lavage de cerveau, des idées venimeuses, ces pourritures qui envoient au nom de la religion des jeunes vers la mort, des jeunes cultivés qui pourraient devenir des cadres sécuritaires, des médecins, des avocats. »

Contrairement à ce que ses proches ont affirmé à son sujet, Yassine Laabidi a pourtant été présenté comme un individu connu des autorités tunisiennes. Le chef du gouvernement tunisien a même spécifié qu’il était « connu, signalé et suivi par les services de sécurité ».

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