Ali Dilem : Le caricaturiste algérien dans la ligne de mire de l’Etat Islamique

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Les islamistes radicaux ont inscrit le nom du caricaturiste algérien Ali Dilem sur liste rouge depuis 2001. Mais cela ne l’a jamais empêché de continuer de dessiner pour le plaisir de partager ses pensées mais aussi et surtout pour apprendre à maîtriser la peur.

A Paris pour dire adieu à ses collègues

Menant une vie très spéciale depuis qu’il a été menacé de mort par les islamistes radicaux, le caricaturiste algérien Ali Dilem s’est déplacé à Paris dernièrement pour enterrer ses amis et collègues tués dans l’attentat du 7 février. Jamais emprisonné malgré la loi qui lui a été délibérément dédiée, « l’amendement Dilem » – une disposition législative qui prévoit jusqu’à un an de prison pour offense au président de la République ou aux corps de l’État, le dessinateur continue d’exercer son métier.

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50 parutions

Juste pour son humour qui ne plaît pas à tous, Ali Dilem a déjà été convoqué une cinquantaine de fois devant les juges, lors de procès intentés par le pouvoir. Des procédures d’intimidation qui ne l’ont pas empêché de toujours s’en prendre à ces « Gros, moustachus, un peu moches et avec des mouches qui leur tournoient autour de la tête ». Désormais mise à prix par le groupe EI, la tête d’Ali Dilem ne peut plus se reposer tranquillement sans penser à toutes les menaces qu’il a reçues et continue de recevoir.

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Une prison déguisée

Malgré qu’il affirme via ses dessins son courage de continuer son chemin malgré les menaces, Ali Dilem a confié que sa vie n’est plus la même depuis les derniers attentats de Paris. Celui qui a longtemps considéré que se cacher revenait à jouer le jeu des islamistes, a finalement compris que ces derniers ne faisaient pas que menacer.

« On ne peut être sûr du sérieux de ces menaces que lorsqu’elles sont mises à exécution ».

Des années durant, Ali Dilem a menti à sa famille, notamment à sa mère à qui il a affirmé habiter à l’étranger. Pourtant, il a toujours été à Alger et n’a jamais pensé quitter le pays où de nombreux journalistes ont été tués de manière atroce.

« Tous les assassinats de journalistes en Algérie se sont faits selon un mode opératoire identique : l’observation des habitudes avant l’exécution…Les premières menaces sont arrivées dans les années 92. C’est là que j’ai cessé d’avoir une vie normale. Je ne pouvais, par exemple, plus draguer dans la rue, c’était embêtant ».

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Dessiner pour surmonter la peur

Mais malgré la peur, Ali Dilem a toujours le dessin comme échappatoire. Il a d’ailleurs confié que l’humour était sa bouée de sauvetage. Quoi qu’il en soit, le caricaturiste avoue son inquiétude pour la France.

« Franchement, je vous souhaite bon courage, je vous souhaite sincèrement que la République s’impose ».

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