Un prêtre risque 1 195 euros d’amende pour avoir hébergé des sans-abris dans sa paroisse

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Après avoir été relaxé en première instance, un prêtre de Saint-Etienne a de nouveau été jugé par le tribunal de Lyon pour avoir hébergé 65 sans-abris dans sa paroisse pendant près de 8 mois.

Accusé d’avoir hébergé des sans-abris

Le père René Riffard, curé de l’Eglise Saint-Etienne, a de nouveau comparu devant le tribunal de Lyon, mercredi. Accusé d’avoir transgressé la loi en hébergeant 50 adultes et 15 enfants dans une salle de sa paroisse pendant 239 jours, le prêtre à déjà été relaxé en première instance dernièrement. Le tribunal avait alors constaté que cet homme de Dieu a tout simplement fait ce que l’Etat aurait dû faire. De nouveau jugé en cours d’appel, le saint homme a fermement l’intention de continuer à faire son devoir malgré tout.

Un droit fondamental qui ne se discute pas

Sur un ton calme, le prêtre a exposé devant le jury un cas humain qui ne se discute pas.

« Vous seriez d’accord pour coucher sur le trottoir ce soir? Il y a une nécessité de mettre à l’abri des gens qui dorment dehors. Humainement, ça ne se discute pas. »

L’Etat en redemandait toujours davantage

Plusieurs témoins ont plaidé la cause du père René Riffard, insistant sur le fait qu’il avait déjà réalisé tout ce qu’on lui avait demandé de faire pour assurer le confort de ses protégés. Conditions, qui selon le prêtre n’aurait jamais suffit à l’Etat qui en redemandait toujours davantage.

« On a affirmé que les conditions d’hygiène et de sécurité n’étaient pas suffisantes, raconte l’ecclésiastique. J’ai fait tout ce que l’on m’a demandé. On a changé les détecteurs de fumée. On a rajouté des extincteurs supplémentaires. On a construit un endroit pour se laver. Mais à chaque fois, on m’a répondu que ce n’était pas suffisant ».

Un exemple à suivre

Appelé à témoigner à la barre, Paul Bouchet, ex-bâtonnier de Lyon, ex-conseiller d’Etat et président d’ATD Quart-Monde a martelé que le prêtre n’a rien fait de mal et que l’Etat devrait même prendre exemple sur lui.

« La rue peut tuer. Aujourd’hui, il y a une insuffisance des réponses aux besoins croissants d’hébergement d’urgence. Le 115 ne satisfait pas la moitié des demandes….Cet homme incarne la solidarité. Il ne faut pas en faire un coupable mais un exemple ».

Une amende de 5 euros par jour d’hébergement

Mais l’avocat général a désigné l’acte du père René Riffard de « transgression à la loi en connaissance de cause. » De ce fait, passible d’une amende de 5 euros par jour d’hébergement, soit une totalité de 1 195 euros pour les 239 jours passés. De son côté, le prêtre a tout simplement répliqué que son histoire devrait être suffisante pour conscientiser l’Etat de l’état actuel de la société dans laquelle on vit.

Le verdict final est attendu pour le 27 janvier prochain.

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